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Le temps du vivant : Comment se guident-ils ?

> > Le temps du vivant : Comment se guident-ils ? ; écrit le: 8 juillet 2013 par imen modifié le 11 novembre 2014


La migration des oiseaux

Autre point d’interrogation : comment les oiseaux migrateurs font-ils pour trouver leur chemin ? Plusieurs explications sont étudiées depuis des décennies, sans qu’aucune emporte à elle seule l’adhésion des spécialistes. On a invoqué un réglage sur le champ magnétique de la terre, mais on n’a jamais trouvé dans le cerveau des oiseaux de cellules spécialisées dans ce suivi du champ magnétique. Certains croient que les oiseaux se guident sur des odeurs. On a supposé aussi qu’ils se dirigeaient en observant le Soleil, ou les étoiles. Si, comme le pensent beau-coup un d’observateurs, le guidage se fait en fonction de la position du Soleil, il faut obligatoirement que le temps intervienne.
L’angle du trajet par rapport à l’astre que parcourt l’oiseau doit, en effet, être modifié en fonction de l’heure, le Soleil allant de plus en plus vers l’ouest à mesure que la journée s’avance. S’il vole vers le sud, l’oiseau devra garder le Soleil sur sa gauche le malin, le regarder en face à midi, et l’avoir sur sa droite pendant l’après-midi. Mais des corrections sont indispensables par rap­port à ce schéma simpliste, car l’oiseau ne va pas obligatoire­ment et constamment vers le sud, comme ceux qui migrent du nord de l’Amérique vers le sud de l’Afrique, et le Soleil ne suit nas la même course pendant tout le temps du vol.
Cela signifie que l’oiseau doit posséder une horloge interne pour estimer le temps, afin d’effectuer la correction voulue en fonction de la course du Soleil. Ce dernier n’est pas utilisé, semble-t-il, comme un moyen de navigation, mais plutôt comme un repère, comme un compas fournissant le cap, la position apparente de l’astre étant corrigée par l’horloge interne de l’oiseau. Il semble que cette faculté d’orientation, très surpre­nante, soit d’origine génétique, car les jeunes oiseaux possèdent, en naissant, le besoin de migrer. Les jeunes coucous, qui naissent dans le nid d’autres espèces, où leur mère a abandonné leurs œufs, et qui sont donc élevés de la même manière que ces autres oiseaux, manifestent une tendance à la migration qui est celle des coucous, et non celle des oiseaux dont ils ont été les compagnons de nid.
On n’a pas encore découvert où se trouve l’horloge interne des migrateurs, dont il existe d’autres étonnants exemples. Les ours polaires du Canada ont un comportement singulier. Alors que la plupart des animaux se préparent, avant l’arrivée de l’hiver, à partir vers des contrées plus hospitalières, les ours blancs, au contraire, s’organisent au même moment pour monter vers le nord, car il y trouvent, en hiver, une nourriture abondante. Certains font des centaines de kilomètres pour se retrouver sur la banquise, où ils vont passer l’hiver polaire, dans la nuit, à chasser, à pêcher, à s’engraisser. Lorsque reviennent les beaux jours, ils deviennent presque léthargiques, sont pris d’un état de langueur subit et ne font presque rien, vivant sur les réserves de graisse accumulées durant l’hiver. En somme, ils hibernent à l’envers.
Les manchots empereurs, ces singuliers oiseaux qui ne volent pas, mais nagent parfaitement, et qui nous amusent par leur démarche à la Chariot, parcourent parfois des milliers de kilo­mètres sur la banquise. II semble qu’ils s’orientent par rapport au Soleil. Mais dans l’Antarctique, le Soleil ne se lève, ni se couche, il suit un mouvement presque horizontal au-dessus de l’horizon, se déplaçant de 15° toutes les heures. Pourtant, des expériences, au cours desquelles des manchots déplacés par avion de leur lieu habituel ont été lâchés en plein désert antarc­tique, à un endroit parfaitement inconnu pour eux, ont montré qu’ils s’orientent bien grâce au Soleil, mais en tenant compte de ses déplacements : tantôt ils marchent droit vers l’astre, tantôt ils inclinent leur route. Tout se passe comme si les oiseaux étaient capables de régler leur boussole solaire grâce à un sys­tème qui les renseigne sur l’écoulement du temps, c’est-à-dire une horloge interne. Tous règlent leur horloge et leur boussole avec précision, afin de se retrouver lors des grandes réunions annuelles, qu’il n’est pas question de manquer, sous peine de mort.
Autre observation étonnante : les papillons « monarques » migrent sur des milliers de kilomètres, partant d’Amérique du Nord pour se retrouver dans une région bien précise du Mexique.
II semble qu’ils se guident sur le Soleil pendant leur long voyage et qu’ils re-synchronisent leur horloge interne suivant un rythme qui s’approche de la durée d’un jour. Pour mieux comprendre ce phénomène, on a perturbé des papillons au moment où ils sortaient de leur chrysalide, en les soumettant à une lumière constante, alors qu’ils émergent normalement au lever du jour, après une période nocturne, et en tentant de déré­gler ensuite leur horloge interne, en les soumettant à des rythmes arbitraires et artificiels de l’alternance entre le jour et la nuit. Les chercheurs ont constaté que les papillons ainsi perturbés ne parvenaient plus à se guider normalement. Le gène qui, semble- t-il, règle l’horloge interne du « monarque » vient d’être isolé. On en saura donc davantage d’ici peu.

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