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Le temps du vivant : Le mystère des migrations

> > Le temps du vivant : Le mystère des migrations ; écrit le: 8 juillet 2013 par imen modifié le 11 novembre 2014


 Animaux migrateurs avec le temps

La migration est l’un des plus étonnants mystères du monde animal. Elle est indubitablement liée à un rythme annuel, et à une relation particulière des animaux migrateurs avec le temps. Des oiseaux, des poissons, des papillons, parcourent chaque année des milliers de kilomètres – vingt mille kilomètres pour les Sternes, qui vont chaque année du pôle nord au pôle sud et reviennent — pour se rendre, à un moment bien défini dans un endroit précis, sans jamais se tromper. Le petit pouillot sibérien, qui pèse dix grammes, fait quatorze mille kilomètres pour aller ni Afrique orientale et en revenir. Une barge parcourt onze mille kilomètres sans escale, de l’Alaska à la Nouvelle-Zélande,à travers l’océan Pacifique. Un pétrel australien migre à travers It- Pacifique jusqu’au Japon, puis remonte vers le Nord, traverse la Sibérie, le détroit de Béring, puis redescend le long des riva­ges américains, pour repartir vers l’Australie au-dessus des océans, ayant ainsi fait pratiquement le tour du monde. Il est possible que certains oiseaux qui restent plusieurs jours en vol ne donnent que d’un œil – d’un hémisphère de leur cerveau, dit Michel Jouvet, spécialiste du sommeil. Certains volent à près de 100 km/h et montent jusqu’à 3 000 mètres d’altitude.
Pourquoi partent-ils ? La réponse la plus évidente est qu’ils obéissent à des contraintes liées à l’arrivée du froid ou a une modification dans la durée du jour, pour les migrations saison­nières des oiseaux. Les migrateurs partent généralement à l’automne, en effet, pour passer l’hiver dans une contrée chaude, et reviennent au printemps – comme les hirondelles, qui par­courent environ dix mille kilomètres. Dans d autres cas, comme ceux des anguilles ou des saumons, le déclenchement est lié à une contrainte de la reproduction. Ces poissons migrent pour rejoindre le lieu, très précis, où ils vont se reproduire. Pour les saumons, c’est le cours d’eau où ils sont nés et qu’ils ont quitté pour partir en mer. Après avoir vécu plusieurs années dans l’océan, ils reviennent pour le retrouver, parcourant des milliers de kilomètres. Comment font-ils pour le découvrir ? On l’ignore. Certains biologistes croient qu’ils se guident sur des odeurs. Les saumons de la Loire font près de mille kilomètres à contre- courant, depuis l’embouchure du fleuve, sans se nourrir, et arri­vent épuisés sur le lieu de leur naissance, y procréent et meurent ensuite. Les anguilles d’Europe se retrouvent chaque année dans la mer des Sargasses, dans !’Atlantique, pour frayer. Deux ans plus tard, les jeunes repartiront vers les rivières et les étangs où vécurent leurs parents, où ils resteront une dizaine d’années avant de partir à leur tour pour les Sargasses.
Dans tous les cas, si la migration semble liée à une contrainte climatique, l’ordre d’anticiper sa préparation ne peut être donné que par une horloge interne, liée à un rythme annuel. C est cette horloge qui commande d’entamer, exactement au moment nécessaire, la préparation, patiente et minutieuse, indispensable à la réussite de ces voyages longs et difficiles. Cela réclame une série de manœuvres, notamment le déclenchement de processus hormonaux, qui conduiront au stockage d’importantes réserves, en graisses notamment – certaines fauvettes doublent de poids à cette occasion – et l’apparition d’un nouveau plumage. C’est là une preuve supplémentaire que ces animaux disposent, grâce à leur horloge interne, de la faculté de s’orienter dans le temps, pour organiser suffisamment à l’avance, exactement à l’époque qui convient, ce qui doit se passer dans leur organisme afin de migrer dans de bonnes conditions. Puis l’horloge doit donner une autre indication, celle de partir lorsque le moment sera venu.
Des observations montrent que ces rythmes internes semblent relativement indépendants des conditions extérieures. Des oiseaux en volière, placés dans des situations où ils échappent aux contraintes de !’environnement, soumis à des éclairages qui les trompent sur la durée du jour, effectuent des préparatifs de migration très précisément à l’époque où leurs congénères vivant à l’état naturel font de même. On remarque aussi que les oiseaux connaissent une grande agitation avant leur migration, comme s’ils s’entraînaient à l’effort qu’ils auront à accomplir. C’est bien évidemment l’instinct des animaux qui commande cette activité, mais pourquoi à ce moment précis ? Il n’y a, semble-t-il, qu’une explication : une commande interne, néces­sairement liée au temps. Il ne fait donc guère de doute que les processus liés à la migration soient commandés et dirigés par une horloge, que l’on n’a pas encore découverte.

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