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Les fonctions mentales : Le psychisme et l’affectivité

> > Les fonctions mentales : Le psychisme et l’affectivité ; écrit le: 13 juin 2013 par imen modifié le 12 novembre 2014


Les fonctions mentales ne déclinent que tardivement. Elles ne suivent pas la pente régulière des modifications cellulaires et circulatoires ; elles se maintiennent comme d’ailleurs le débit sanguin cérébral et le métabolisme cérébral. Il n’y a pas une psychologie du vieillard mais des réactions psychologiques qui varient avec le milieu, avec le niveau culturel et avec le temps. De nos jours, les personnes âgées vieillissent de plus en plus tard. Il faut différencier le vieillissement normal et pathologique d’une part, et les démences séniles d’autre part ; les mêmes mécanismes interviennent mais ils sont accélérés dans le cas des démences. Les facteurs en cause diffèrent dans la maladie d’Alzheimer.

Le psychisme et l’affectivité

Les performances psychiques (compréhension, jugement, raisonnement), les fonctions mnésiques (expression, vocabulaire, phrase), restent longtemps comparables à celles des sujets plus jeunes. Des tests permettent- ils de découvrir l’affaiblissement des fonctions mentales ? Aguriaguerra et Tissât (1 973) ont constaté que la pensée déductive conservait toute sa facilité chez le sujet âgé alors que la pensée inductive lui est plus souvent difficile. Le scanner ne renseigne que sur l’état anatomique. L’électro-encéphalographie fournit quelques indications sur l’état fonctionnel de certaines zones et peu sur l’état fonctionnel global du cerveau à moins de graves détériorations. Les débits sanguins cérébraux ne fournissent aussi pas de renseignements précis. Il importe de faire la différence entre la détérioration physiologique et la détérioration pathologique, entre la sénescence et la sénilité, ce qui n’est pas aisé.
Les troubles psychoaffectifs et comportementaux de la sénescence ne sont pas la règle et sont très variés. Il est classique de dire que les premières manifestations du vieillissement cérébral sont la rigidité, le ralentissement gestuel, la moindre expressivité du faciès, la méfiance, le dogmatisme, la sensiblerie, l’hyperémotivité. Le mode réactionnel dépressif
est fréquent. « Les vieux se répètent, les jeunes n’ont rien à dire, l’ennui est réciproque » : La solitude, le sentiment d’inutilité provoque la mélancolie, la nostalgie. Des obsessions, des idées fixes : le passé, l’argent, la santé, la mort. La diminution des capacités intellectuelles, physiques, sensorielles, auditives, visuelles, sexuelles déterminent l’anxiété et l’angoisse. Le désastre est lorsqu’un intellectuel perd en vieillissant la vue ou l’ouïe ou la possibilité de marcher. Certaines personnes dans l’incapacité de participer à la vie sociale et devenues dépendantes pour les actes de la vie courante se laissent mourir ou choisissent le suicide.
Le vieillissement est souvent à l’origine d’un trouble de relation avec soi- même… La personne âgée prend conscience dans les miroirs, sur les photos, des modifications de son faciès : rides… il constate la baisse de ses fonctions sensorielles (vue, audition), sa fatigabilité. De là il se rétracte sur lui-même. Amertume de Michel-Ange : «Je suis rompu… sac de peau, plein de nerfs et d’os. Ma figure est un épouvantail. Dans une de mes oreilles court une araignée, dans l’autre un grillon chante toute la nuit. Autrefois mes yeux étaient entiers, reflétant la lumière dans chacun de leurs miroirs, maintenant ils sont vides, brouillés et noirs. C’est ce que le temps apporte avec soi ». La difficulté de concentration, de rassembler ses idées et de les exprimer, de prendre une décision, viennent plus tard et aboutissent à la perte de confiance et à la dépression… Le sommeil prend du temps pour s’installer ; les insomnies ne sont pas rares ; par contre le jour apparaît une certaine somnolence en particulier dans les salles de conférences…
Autrefois, le sujet âgé avait l’avantage du savoir acquis, de l’expérience, de la sagesse. Ce thème a inspiré les auteurs, de Sénèque à Victor Hugo. Les techniques et les mœurs avaient une certaine stabilité. La société actuelle évolue plus vite. En quelques années, tout est remis en question ; des fossés existent entre les générations. Chaque génération est poussée par celle qui suit. Personne ne peut vivre sur ses acquis. L’homme doit continuer à apprendre sans cesse… L’homme âgé se retire souvent de l’action et certains éprouvent un choc psychoaffectif lorsqu’ils sont admis à « faire valoir leur droit à la retraite » selon la formule administrative. Pour d’autres, au contraire, c’est un aiguillon qui les incite à vouloir prouver qu’il en faut plus pour les ébranler qu’un arrêté ministériel. Ils trouvent dans cette situation des avantages : la liberté d’agir à leur guise, d’obéir à leurs goûts, de choisir leurs activités, leur rythme de vie, de lire, d’écrire, de voyager. La retraite n’est pas le retrait. Elle ne doit pas signifier repos car, dans ce cas, il risque vite de devenir éternel. « La dramatique de la vieillesse, ce n’est pas que l’on devienne vieux, c’est aussi qu’on reste jeune » (Oscar Wilde), jeune d’esprit et souvent de passion. Il y a là un dualisme corps et esprit qu’il faut équilibrer.

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