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Les paradoxes du temps : La cause précède-t-elle toujours l’effet ?

> > Les paradoxes du temps : La cause précède-t-elle toujours l’effet ? ; écrit le: 6 juillet 2013 par imen modifié le 11 novembre 2014


Dire que le temps est irréversible signifie aussi que la cause précédé toujours l’effet. Toutes les observations de la vie cou­rante le confiraient. On ne peut jamais revenir en arrière, passer le film dans l,autre sens. L’assiette brisée sur le carrelage de la cuisine ne se reconstituera jamais. Pour la plupart des physi­ciens, cela est hé au fait qu’avec le temps, le désordre suit néces­sairement l’ordre. Lorsque l’eau chaude se mélange à l’eau froide, le résultat est tiède, c’est-à-dire quelque chose de moins ordonne, en termes de physique. Comme le sucre fondu par rap­port au morceau. C’est la loi de la désorganisation universelle qu on appelle l’entropie. Elle s’applique généralement bien par­tout – sauf en ce qui concerne l’univers, qui est né d’un magma chaotique, et qui semble assez bien ordonné aujourd’hui, puisque les mêmes lois physiques s’appliquent en tous ses points. Cette loi semble ne pas non plus s’appliquer en biologie. Chez les êtres vivants, l’ordre succède au désordre, et la complexité s accroît avec le temps. Cela paraît évident au niveau de l’évolution s. l’on compare les sortes de microbes qui formaient les premières formes rudimentaires de vie, et l’homme qui en est, pour le moment, le stade le plus évolué, et qui est manifestement plus complexe et mieux ordonné. De même, l’embryon est plus ordonné que le magma de cellules, indifférenciées en apparence, qui l’a précédé, après la fécondation de l’œuf.
On peut aller plus loin, dans ce domaine du vivant et se poser la question de savoir si le futur ne contient pas la cause du présent, si la raison d’être d’un œuf n’est pas l’être complet qui sera son aboutissement. Certains grands biologistes, comme Jacques Monod, prix Nobel, ont longuement disserté sur ce qu’ils appellent la « téléonomie », c’est-à-dire le principe selon lequel !,orientation vers le futur serait la mise en œuvre d’un programme, un peu comme dans un ordinateur, ou mieux, d’un projet. Les biologistes évoquent par exemple, le pro­gramme génétique qui conditionne les éléments de l’hérédité, donc tout le devenir d’un individu. Le rêve de toute cellule est de faire deux cellules, dit un autre grand biologiste français, prix Nobel lui aussi, François Jacob. Le rêve du premier pois­son qui sortit de l’eau pour vivre sur la terre, il y a quelques centaines de millions d’années, était-il de faire apparaître les animaux terrestres ? Le projet d’un être vivant serait de vivre et de faire survivre son espèce : tout son comportement va dans ce sens, mais n’est-ce pas là une apparence ?
Dans ce raisonnement, c’est le but à atteindre qui commande­rai le déroulement des opérations. Cette idée est séduisante, mais contient un risque, celui de revenir aux idées simplistes des siècles derniers, où la fin commandait les moyens, dans le cadre de ce qu’on appelait le vitalisme, ou l’animisme. «Le projet explique l’être et l’être n’a de sens que par son projet» dit Jacques Monod. Mais il ajoute aussitôt que le fait que seul le hasard, comme nous le verrons plus en détail, préside à l’évolu­tion des êtres vivants, et lui ôte donc tout anthropocentrisme, est l’élément majeur qui ruine toutes les thèses vitalistes ou animistes.

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