L’inégalité de la répartition des réserves dans le monde

> > L’inégalité de la répartition des réserves dans le monde ; écrit le: 21 mars 2012 par lamia modifié le 17 novembre 2014

Les réserves de pétrole sont très inégalement réparties. Elles se concentrent surtout dans les pays du golfe Arabo-Persique, à hauteur de 62 %, en mer Caspienne et dans l’ouest de la Russie (10 %).

Les réserves du Moyen-Orient

C’est donc le Moyen-Orient qui domine, l’Arabie Saoudite possédant à elle seule environ le quart des réserves mondiales de pétrole (soit environ 261,7 milliards de barils), les deux tiers de ces réserves sont constitués de bruts légers ou extra-légers, le reste étant des bruts moyens ou lourds. Le pays comprend 80 gisements d’hydrocarbures (pétrole et gaz naturel), où sont implantés plus d’un millier de puits.

On peut d’ailleurs considérer comme une fragilité politique potentielle le fait que les gisements saoudiens soient concentrés dans une étroite zone géographique : en effet, 90 % de la production de pétrole est tirée de 6 gisements situés dans l’est du pays, en particulier celui de Ghawar, le plus grand gisement du monde. Ce gisement, découvert après la Seconde Guerre mondiale, détient une nappe de pétrole de 250 km de long et de 30 km de large, et correspondrait à lui tout seul à 17 % des réserves mondiales. Il produit actuellement la moitié de la production saoudienne, mais on ne connaît officiellement pas l’importance de ses réserves restantes. En 2005, la production pétrolière de l’Arabie Saoudite a représenté 13,1 % de l’offre mondiale.

Le Koweït voisin, détenteur de 96,5 milliards de barils en 2002, soit environ 10 % des réserves mondiales de la planète (certaines sources évoquent entre 8 et 9 % actuelle¬ment), est lui aussi un poids lourd parmi les pays producteurs. C’est l’énorme gisement de Burgan, découvert en 1938, qui fournit les deux tiers de la production koweïtienne. Six autres gisements importants sont exploités dans le pays. On comprend l’intérêt que ce pays avait pu susciter auprès de Saddam Hussein, qui avait tenté de l’annexer à l’été 1990 avant qu’une coalition internationale n’intervienne pour déloger les troupes irakiennes du Koweït à l’occasion de la guerre du Golfe de 1991.

L’Irak, de son côté, serait détenteur de 10 à 11 % des réserves mondiales de pétrole (ses réserves étaient estimées à 112,5 milliards de barils en 2002), mais seulement 60 % de son potentiel serait exploité, ce qui fait de l’Irak le seul pays en mesure d’offrir de nouvelles productions.
Parmi les gisements les plus importants figurent celui de Kirkouk, au nord, en zone kurde, et celui de Rumailah, au sud, en zone chiite : leur production représente près des deux tiers de la production irakienne.

En dépit des espoirs placés dans la reconstruction irakienne après l’intervention militaire anglo-saxonne ayant renversé le régime de Saddam Hussein, la production de pétrole cemeure très inférieure à ce qui était envisagé. En raison du climat de violence régnant en Irak depuis la fin du conflit, officialisée le 1er mai 2003, les attentats se sont multipliés, y compris contre les installations pétrolières. Ainsi, le sabotage d’un oléoduc acheminant le pétrole vers le terminal de Bassorah (au sud de l’Irak), survenu le 22 novembre 2004, aurait réduit sa capacité de transport de quelque 750 000 barils par jour.

Tandis que la production de pétrole était de 2,8 millions de barils par jour avant le conflit, elle n’a atteint que 1,7 à 2 millions de barils quotidiens en 2005. Les gros investisseurs, tels que les grandes compagnies et autres professionnels du pétrole, attendraient une amélioration de la situation sécuritaire (et même politique, compte tenu des fortes divisions entre les représentants des principales communautés du pays) avant de s’engager davantage et d’exploiter les immenses réserves que recèle le sous-sol irakien. Les travaux à réaliser devraient être importants, tant au niveau de l’évaluation des gisements, de la rénovation des puits, que de la production elle-même et de son acheminement.

L’Iran, situé à l’est de l’Irak, dispose lui aussi d’abondantes réserves, de l’ordre de plus de 11 % des réserves mondiales selon les estimations officielles, et est le 2e producteur de l’OPEP. L’Iran est en outre le 2e détenteur des réserves de gaz naturel du monde. Mais Dien que ses réserves de pétrole soient considérables, celles-ci, notamment situées à l’ouest du pays et sous le plateau continental dans le golfe Arabo-Persique, demeurent en grande partie sous-exploitées. Les monts Zagros semblent prometteurs, mais les conditions, aussi bien techniques que politiques et financières, n’ont pas encore permis d explorer cette zone, bien que des projets existent (voir plus haut « les progrès techniques »). Quant à la partie riveraine de la mer Caspienne, au nord du pays, on ignore encore si elle détient des ressources intéressantes. Ses 32 gisements, dont 7 situés off-shore, sont victimes de l’usure des installations et du manque d’investissements. En outre, ses raffineries demeurent insuffisantes. En 2006, la production journalière de l’Iran est évaluée à 3,8 millions de barils, dont le tiers est consacré à sa propre consommation. Le pays est alors contraint d’importer de l’essence (25 % de sa consommation actuelle). L’hostilité suscitée par le régime islamique auprès de la communauté internationale, qui lui reproche actuellement de chercher à détenir l’arme atomique, est un frein considérable au développement du pays et à la mise en valeur de son  potentiel énergétique.

D’autres pays de la région du golfe Arabo-Persique sont eux aussi privilégiés par les ressources de leur sous-sol, tels que les Emirats arabes unis qui détiennent 8,5 % des réserves mondiales, en particulier l’émirat d’Abu Dhabi, détenteur de la majorité des réserves du pays, dont l’important gisement off-shore de Zakum.

Moins doté en pétrole que ses riches voisins, le Qatar ne produit quant à lui que 800 000 barils journaliers, en provenance principalement du gisement de Dukhan ; ce pays est surtout un grand producteur de gaz naturel, le 3e du monde.

Les autres pays producteurs de la région tels que le Yémen (environ 420 000 barils par jour), Oman (actuellement 50 000 barils par jour) et Bahreïn (30 à 35 000 barils par jour), connaissent aujourd’hui un déclin de leur production de pétrole, leurs réserves étant en diminution.

Plus au nord, la Syrie, également en déclin, ne produit plus que 460 000 barils par jour. La Turquie, peu dotée de réserves pétrolières, est limitée à 45 000 barils journaliers.
Compte tenu du manque de fiabilité des chiffres en provenance de cette région, toutes les estimations concernant le Moyen-Orient doivent être prises avec précaution.

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