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Mythes et rites modernes : Des contes universels

> > Mythes et rites modernes : Des contes universels ; écrit le: 14 juillet 2013 par imen modifié le 9 février 2019


Des contes universels

Il est intéressant de constater, comme l’a fait le célèbre ana­lyste russe des contes de fées, V. J. Propp, qu’il existe une sur­prenante ressemblance entre des contes populaires du monde entier. Il voit les contes merveilleux comme une chaîne de variantes. Cendrillon, ou La Belle au bois dormant se retrouvent dans presque tous les pays, presque toutes les littératures. Comme si diverses communautés avaient eu à peu près les mêmes préoccupations, et qu’elles avaient cherché à les résoudre symboliquement de la même façon. Il en est d’ailleurs de même en ce qui concerne l’agencement, la structure du conte, qui sont toujours conçus en fonction de la manière dont il fau­dra le dire. Tous les contes populaires respectent des contraintes dans la construction des épisodes, laquelle est liée aux pro­blèmes de mémorisation du conte. Ce qui explique les redites, utiles pour bien retenir les contes et aussi pour que les auditeurs les comprennent bien. Propp voit dans les contes un souvenir de rites d’initiation, au travers, notamment, des nombreuses épreuves imposées à leurs héros. Il les relie à des formes archaïques de cultures et de religions disparues. « Une culture meurt, une religion meurt, dit-il, et leur contenu se transforme en contes. »
Il donne comme exemple qu’un des héros les plus fréquents des contes est le dragon, personnage que l’on trouve dans beau­coup de traditions archaïques. Le dragon, c’est le serpent de la Bible, c’est le démon. Propp raconte à ce propos la savoureuse histoire de saint Georges terrassant le dragon, qui ne faisait que reprendre de très vieilles légendes païennes de héros tueurs de dragons ou de démons. Ce miracle ne fut sanctifié que bien longtemps après que saint Georges eut été canonisé, car cette sanctification se heurta à une résistance obstinée de l’Eglise russe, qui ne céda que devant la ferveur populaire pour le combat singulier entre le chevalier et le monstre. Dans bien des contes russes, les transporteurs du héros sont un cheval ou un bateau volant, ou des oiseaux – ce qui correspond aux porteurs des âmes des morts dans les anciennes mythologies de diverses populations d’Europe et d’Asie.

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