Pétrole : La Russie

> > Pétrole : La Russie ; écrit le: 22 mars 2012 par lamia modifié le 17 novembre 2014

La Russie

Avec 16,5 milliards de tonnes de réserves de pétrole, la Russie est aujourd’hui une puis-sance pétrolière à part entière. Il s’agit du deuxième producteur mondial après l’Arabie Saoudite, soit 11,9 % de la production mondiale de pétrole en 2005. La Russie est également détentrice du tiers des réserves mondiales prouvées de gaz naturel et en est le premier exportateur, sa production représentant 21,9 % du total mondial en 2005.

Les hydrocarbures sont une composante essentielle du potentiel économique de la Russie, puisqu’ils représentent le quart de son produit intérieur brut (PIB), le tiers de sa production industrielle et de ses exportations. Enfin, la Russie détient également d’abondantes réserves de charbon qui en font le sixième producteur mondial, sa part atteignant 4,7 % de la production mondiale. Forte de ses réserves, la Russie entend désormais jouer un rôle de premier plan sur la scène internationale dans le domaine énergétique, et notamment dans celui du pétrole. Dans les mois qui ont suivi la dislocation de l’Union soviétique, survenue en décembre 1991, le marché russe des hydrocarbures avait été privatisé et réparti entre une dizaine de compagnies privées, suivi d’un mouvement de concentration, comme, par exemple, le rachat de Sibneft par loukos.

Parallèlement, les compagnies occidentales manifestaient leur intérêt pour ce marché si prometteur, tentant de prendre des participations dans les sociétés énergétiques russes en dépit des grandes difficultés rencontrées pour y prendre part. Ces tentatives ont mis des années à se concrétiser ainsi, la compagnie britannique British Petroleum a acheté pour la somme de près de 7 milliards de dollars la moitié des parts de la compagnie russe TNK en avril 2003. Quelques mois plus tard, en octobre 2003, c’est au tour de la compagnie américaine Exxon-Mobil de tenter de prendre 40 % des parts de loukos- Sibneft, pour 25 milliards de dollars, mais le pouvoir russe, hostile à l’idée d’un contrôle des Américains sur les gisements de Sibérie, devait en décider autrement en récupérant la mainmise sur cette société russe. En effet, ces dernières années, la Russie de Vladimir Poutine (élu à la présidence en 2000, puis réélu en 2004), s’intéresse surtout au rétablissement du contrôle de l’Etat sur les industries d’hydrocarbures, au détriment des oligarques, comme en témoigne l’affaire loukos.

L’affaire loukos

Cette affaire illustre très clairement l’importance du secteur des hydrocarbures aux yeux des autorités russes. Le 25 octobre 2003, peu après la proposition d’Exxon-Mobil concernant une prise de participation au sein de loukos-Sibneft, des hommes appartenant aux services secrets russes, le service fédéral de sécurité (FSB), arrêtaient le PDG de loukos, Mikhaïl Khodor- kovski, à Novossibirsk. Cette arrestation, qui suit celle du principal associé de Khodor-kovski, Lebedev, en juillet 2003, est rapidement apparue comme la volonté des autorités russes de reprendre la main sur le secteur énergétique. Khodorkovski est accusé d’escroquerie, comme Lebedev, ainsi que de non-paiement d’impôts, d’un montant de 3,4 milliards de dollars. Les deux hommes d’affaires ont ensuite été déportés en Sibérie, après des procès expéditifs dignes de l’époque soviétique. D’ailleurs, des plaintes ayant alors été déposées, la Russie est poursuivie depuis devant la Cour européenne des droits de l’homme… Ce scandale politico-judiciaire ne doit rien au hasard, puisqu’il survient quelques mois avant les élections présidentielles russes. Or, Khodorkovski, en soutenant plusieurs partis politiques russes (dont le Parti communiste), avait enfreint un accord passé en 2000 (lors du premier mandat présidentiel de Vladimir Poutine) entre les autorités russes et les oligarques, établissant la non-remise en cause des privatisations en échange de la non-ingérence des oligarques dans la vie politique russe. De plus, dans le contexte de campagne électorale, Khodorkovski apparaissait comme la cible idéale permettant à Poutine de se distinguer dans sa lutte contre la corruption. D’ailleurs, dans une Russie pauvre, nostalgique de la grandeur passée et souvent raciste, le fait que Khodorkovski soit l’homme le plus riche de Russie, d’origine juive et prooccidental en faisait « l’en¬nemi du peuple » à abattre.  Or , quatorze mois après l’arrestation de Mikhail Khodorkovski, l’Etat met la main sur loukos, dans des conditions s’apparentant bien davantage à une spoliation qu’à une nationalisation.

En effet, sous le prétexte d’un contrôle fiscal et d’arriérés fiscaux, les autorités judiciaires ont fixé des pénalités énormes… tout en gelant les comptes de loukos pour empêcher toute tentative de paiement. Or, si tout Etat est en droit de nationaliser une société, il doit le faire en versant une juste indemnité, ce qui n’a pas été le cas. Le 19 décembre 2004, à l’issue d’enchères organisées par les autorités russes, 76 % des parts de la principale filiale de loukos, louganskneftegaz, étaient rachetées, pour la somme de 9,4 milliards de dollars, par la Baïkal Finance Group, une société fictive rapidement mise sur pied pour effectuer l’opération. Cette mystérieuse société devait ensuite être rachetée, quelques jours plus tard, par la compagnie pétrolière publique Rosneft (dont le chef du directoire, Igor Setchine, est aussi numéro deux de l’administration présidentielle russe). La valeur de cette société devait alors passer de 7 milliards de dollars à environ 55 milliards (voire environ 75 milliards pour certains observateurs) ! Par cette opération, Rosneft devenait le deuxième groupe russe derrière Lukoil. Avant cette affaire, la valeur de loukos, cotée en bourse, atteignait 30 à 35 milliards de capitalisation boursière, dont 60 % par trois sociétés de Chypre et de l’île de Man. Depuis l’arrestation de Mikhail Khodorkovski et les mesures adoptées par Moscou, ces actions ne valent plus rien. Les investisseurs de loukos ont donc décidé de porter leur action devant un tribunal ad hoc, à La Haye, mais il y a peu de chances pour que la moindre sentence soit exécutée en Russie. Cela aura toutefois des conséquences à l’égard des investisseurs étrangers, rendus particulièrement méfiants.

Le retour de la puissance russe

Depuis quelques années, les Russes multiplient les accords à la fois politiques, écono-miques et industriels, tant avec les pays consommateurs et les pays producteurs qu’avec les pays de transit. En effet, longtemps frustrée par une situation économique et financière particulièrement difficile, la Russie, qui n’a jamais abandonné ses velléités de puissance, entend aujourd’hui profiter de la rente de ses hydrocarbures pour se repositionner le plus favorablement possible sur la scène internationale. Après des années difficiles – sa production d’hydrocarbures ayant chuté de moitié après la disparition de l’Union soviétique , la production pétrolière russe n’a cessé de s’améliorer pour atteindre 458,7 millions de tonnes en 2005 (contre environ 300 millions de tonnes dix ans plus tôt). Le gouvernement russe espère atteindre 470 millions de tonnes d’ici à 2010. Actuellement, la vigueur de la croissance russe est étroitement liée aux recettes des hydrocarbures, qui ont permis de rembourser la dette publique.

La Russie devient un fournisseur de plus en plus important pour les pays consommateurs. Etre à la hauteur d’une demande croissante suppose de développer de nouvelles infrastructures et de prendre le contrôle de raffineries et d’oléoducs, ainsi que d’autres structures liées au secteur pétrolier. De nombreux projets ont ainsi vu le jour, d’abord dans les pays membres de la Commu-nauté des Etats indépendants (CEI), une organisation mise en place dès la disparition de l’URSS, en 1991, afin de permettre à Moscou de conserver des liens avec les anciennes républiques soviétiques.

Actuellement, douze des quinze ex-républiques soviétiques en font partie, les trois pays baltes (Estonie, Lettonie et Lituanie) ayant refusé de maintenir plus longtemps des liens avec la Russie. Tandis que les compagnies russes rachetaient des raffineries, Moscou a multiplié ses contacts, avec notamment l’Ukraine, l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan…
Les pays de la mer Caspienne sont tout particulièrement l’objet des attentions russes dans un contexte de fortes rivalités avec les Européens et les Américains, chacun cher-chant notamment à contrôler les voies de transit des hydrocarbures.

La Russie est ainsi parvenue à convaincre le Kazakhstan de laisser transiter sa production via le territoire russe et a augmenté les quotas de transit pour le pétrole en provenance de ce pays, mais le Kazakhstan a également signé un accord pétrolier avec d’autres pays, dont la Chine, qu’un pipeline devrait relier prochainement. Visant à contourner le territoire tchétchène, une zone de conflits récurrents située dans le Caucase russe, un oléoduc a été mis en place en 2000 afin de sécuriser les approvisionnements du tracé Bakou-Novorossisk. Un autre oléoduc russe relie, quant à lui. Tenguiz à Novorossisk. La Russie doit cependant désormais affronter la concurrence du pipeline géant reliant Bakou (Azerbaïdjan) à Ceyhan (Turquie) via la Géorgie, construit par les Américains.

Les Etats d’Europe centrale et orientale sont également concernés par la diplomatie énergétique russe. La compagnie russe Lukoil a notamment investi dans l’industrie
En revanche, le conflit ukrainien devait connaître une autre issue. En effet, si le président Leonid Koutchma était prêt à des concessions, la « révolution orange » survenue à la fin 2004 donna la victoire, à l’issue des élections présidentielles, au candidat de l’opposition Viktor Youchtchenko.
Un an plus tard, la Russie décidait de faire passer le prix de vente de son gaz naturel à l’Ukraine de 50 dollars les 1 000 m3 à 230 dollars. Devant le refus ukrainien, Moscou décidait de réduire ses exportations, ce qui eut pour conséquence d’accentuer la crise, Kiev accusant les Russes d’aggraver la situation économique du pays et de faire souffrir la population en plein hiver. Pour compenser cette baisse des approvisionnements en gaz, l’Ukraine a alors choisi de se servir directement en prélevant le gaz transitant sur son territoire. L’Union européenne, inquiète puisque directement concernée par cette crise russo-ukrainienne, choisit de rester prudente et opta pour la neutralité, contrairement aux espérances de Kiev. Les Etats-Unis, en revanche, ne manquèrent pas de critiquer les Russes.

Après des mois de négociations, au cours desquelles l’Ukraine avait menacé d’augmenter le prix du loyer des installations navales russes en Crimée afin de compenser la hausse des prix du gaz, un accord (provisoire toutefois) fut finalement signé le 4 janvier 2006, le prix du gaz russe vendu aux Ukrainiens étant désormais fixé à 95 dollars les 1000 m3. Pour Moscou, le règlement de cette crise s’avérait nécessaire avant la tenue du sommet du G8 à Saint-Pétersbourg en juillet 2006. Mais ce compromis devait être dénoncé dans les deux pays, l’opposition ukrainienne reprochant à Kiev d’avoir cédé aux Russes, les communistes et les nationalistes russes accusant la direction de Gazprom et le gouvernement de Poutine d’avoir bradé les intérêts de la Russie. En octobre 2006, un nouvel accord gazier devait être conclu entre Kiev et Moscou, visant à redéfinir les prix du gaz (passant en 2007 à 130 dollars, soit 104 euros, pour 1 000 m3), à prolonger la durée du stationnement en Ukraine de la flotte russe de la mer Noire (qui expire en 2017) et à conclure l’organisation d’un référendum sur l’adhésion à l’OTAN, à laquelle 60 % des Ukrainiens seraient opposés.

Les partenaires de la Russie

Comme cela a déjà été évoqué, la part de l’Union européenne dans les exportations russes est particulièrement importante, puisqu’elle représente 60 % des exportations de pétrole et 80 % des exportations de gaz, et ces volumes devraient augmenter dans les prochaines années. Or, le scandale à la fois politique et énergétique qu’a représenté la crise russo-ukrainienne a eu pour conséquence de faire prendre conscience aux Européens de leur dépendance gazière, tant envers la Russie qu’envers les pays de transit, d’où leur inquiétude.

Gazprom est notamment apparu comme un partenaire incontournable, mais aussi comme une menace, à la fois au sujet du transit de gaz russe, ainsi qu’au niveau de sa puissance à l’égard de l’économie des pays ex-soviétiques. Selon un document russe datant de 2003 intitulé « La stratégie énergétique de la Russie jusqu’en 2020 », les exportations russes à destination de l’Union européenne devraient atteindre 160 à 165 milliards de m3 de gaz, tandis que les besoins européens seraient alors de 180 à 200 milliards de m3.12 Or, l’Union européenne entendant sécuriser ses sources d’approvisionnements et ses voies de transit, celle-ci demande à la Russie de ratifier la Charte de l’énergie (voir plus haut) pour fixer des règles d’échange communes aux deux parties et garantir les inves-tissements réalisés en matière d’exploration, de production et de transport des hydro-carbures. L’Union européenne espère en outre que la Russie soit plus transparente, tant sur sa production que sur l’état réel de ses réserves.
Face aux exigences européennes, la Russie, bien qu’ouverte au dialogue, a rappelé qu’elle avait d’autres alternatives pour vendre ses hydrocarbures et notamment son gaz. Parmi les nouveaux partenaires de la Russie figurent en effet les pays asiatiques.

Le marché asiatique est d’autant plus intéressant qu’il se trouve à proximité des grands gisements de la Russie orientale, la Sibérie et l’île de Sakhaline étant richement dotées en ressources d’hydrocarbures. La Chine et le lapon, conscients du potentiel énergétique, ont l’un et l’autre fait des propositions aux Russes. Deux projets d’oléoducs sont ainsi entrés en concurrence, l’un à partir de la ville sibérienne d’Angarsk à destination de Daqing, au nord de la Chine, et l’autre en provenance de Taishet à destination de Nakhodka, une ville portuaire située à proximité de Vladivostok, en Sibérie orientale. Les Chinois proposent de construire un oléoduc de 2 400 km, pouvant transporter 30 millions de tonnes de pétrole à partir de 2010, pour un coût estimé à 2,5 milliards de dollars. Mais le projet avec la Chine ayant abouti à la signature d’un contrat avec le groupe loukos, Moscou avait préféré en 2004 reporter les discussions, et ce d’autant plus que la Russie se méfie des ambitions géopolitiques chinoises. Quant à la proposition des laponais, celle-ci consiste à construire un oléoduc géant sur une distance de 3 800 km contournant le territoire chinois. Au total, cette liaison devrait permettre de transporter 50 millions de tonnes par an jusqu’à Nakhodka ; les pays du monde entier, dont les principaux intéressés tels que le lapon, la Chine ou les Etats-Unis, pourraient alors participer aux enchères organisées lors de la vente du pétrole sibérien organisée à Nakhodka. Les Japonais ont également envisagé le problème du coût de la construction d’un tel pipeline, d’un montant compris entre 8 et 10 milliards de dollars, en proposant aux Russes un prêt de 5 milliards.

Pendant plusieurs années, les pourparlers se sont poursuivis, les Russes examinant les deux propositions, même si, en décembre 2004, ils ont donné leur accord de principe au projet japonais, tout en envisageant une dérivation à destination de Daqing. Quelques mois plus tard, lors du sommet du G8 en Ecosse, Vladimir Poutine se serait déclaré favorable à la réalisation des deux projets. Les Russes se sont également intéressés à de nouvelles routes à destination des Etats- Unis, pays avec lequel ils avaient entamé un partenariat énergétique dès la fin 2001 (Washington souhaitant d’autant plus diversifier ses approvisionnements après les attentats du 11 septembre, et donc réduire ceux en provenance du Moyen-Orient, dont l’Arabie Saoudite, jugée moins fiable). Les Russes développent ainsi un projet consistant à relier les champs pétrolifères de Sibérie occidentale aux installations portuaires situées sur la mer de Barents, telles que Mourmansk. Cette voie d’approvisionnement par l’océan Arctique présente en effet l’avantage d’être plus proche des Etats-Unis que les oléoducs sibériens, et se trouve à une distance moitié moins longue des terminaux pétroliers de Houston, au Texas (Etats- Unis) que les ports du golfe Persique13. Avec ce projet, les Russes doubleraient leurs exportations de pétrole à destination des Etats-Unis, la part du pétrole russe représen¬tant alors plus de 10 % des importations américaines. Enfin, la Russie a envisagé d’autres projets de pipelines à destination de l’Iran et du Pakistan, mais la difficile situation de la région moyen-orientale retarde la conclusion de nouveaux accords. Enfin, la Russie négocie avec les pays de l’OPEP, et plus particulièrement avec l’Arabie Saoudite, avec qui Moscou a signé un accord de coopération énergétique en septembre 2003, portant notamment sur la fixation des prix, les deux pays ayant tout intérêt à maintenir un prix du baril assez élevé.

Des investissements nécessaires

La Russie est devenue, indéniablement, une puissance sur le marché mondial de l’énergie. Toutefois, elle devrait, au cours des prochaines années, être amenée à une plus grande collaboration avec ses partenaires commerciaux et s’ouvrir davantage aux investissements étrangers ; cette participation étrangère pourrait à la fois fournir des ressources financières et des moyens technologiques supplémentaires, permettant à la Russie de demeurer compétitive et de répondre dans les meilleures conditions à l’augmentation de la demande mondiale d’hydrocarbures. Il lui faut, en particulier, augmenter ses capacités de production, tout en économisant son énergie puisque, actuellement, il faut trois fois plus d’énergie à la Russie pour produire la même quantité que les pays de l’OCDE (soit 190 kg équivalent pétrole par millier de dollars US). Si la Russie parvient à réaliser dans les prochaines années la même intensité énergétique, cela représenterait une économie équivalente à 1,3 million de barils par jour.”
La déficience de cette capacité de production est dès aujourd’hui un réel problème ; ainsi, les Russes ne peuvent actuellement répondre aux différents projets d’oléoducs asiatiques en raison du manque de ressources disponibles. Car si la Sibérie détient effec¬tivement des ressources importantes d’hydrocarbures, les capacités d’extraction ne suivent pas… Le déficit dans la fourniture de pétrole à destination de la Chine et du japon représenterait entre 20 et 50 millions de tonnes ! Outre la production, le transport pose également problème puisque le sol et les ports de Sibérie sont gelés une grande partie de l’année. Cela suppose ainsi une politique d’aménagement du territoire plus poussée qu’elle ne l’a jamais été. Il est donc nécessaire que le gouvernement russe consacre une partie plus importante de son budget à sa capacité de production et d’acheminement, et accepte plus facilement les investissements en provenance de l’étranger.

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