Protéobactéries β
Les protéobactéries β, ou bêtaprotéobactéries (Betaproteobacteria), forment un groupe de bactéries à Gram négatif défini avant tout par la parenté de leurs gènes, et non par leur aspect ou leur mode de vie, qui sont extrêmement variés. Elles comptent des espèces essentielles au cycle de l’azote dans les sols et les eaux, mais aussi des pathogènes humains comme les agents de la méningite à méningocoque, de la gonorrhée et de la coqueluche.
Un groupe défini par la génétique
Les protéobactéries constituent l’un des plus grands embranchements de bactéries. Leur subdivision en classes, notées par des lettres grecques (alpha, bêta, gamma, delta, epsilon…), repose sur la comparaison des séquences du gène de l’ARN ribosomique 16S, puis des génomes complets. Les bêtaprotéobactéries n’ont pas de caractère visible commun qui les distinguerait à coup sûr des autres groupes : leur unité est moléculaire.
Leur classification continue d’évoluer. Des travaux fondés sur la comparaison de génomes entiers proposent de les rattacher aux gammaprotéobactéries, dont elles formeraient une branche. Parmi les ordres classiquement reconnus figurent les Burkholderiales, les Neisseriales, les Nitrosomonadales et les Rhodocyclales.
Une grande diversité de formes et de métabolismes
On y trouve des coques, des bâtonnets, des formes spiralées, des cellules immobiles ou munies de flagelles, isolées ou en chaînes. Leurs modes de nutrition sont tout aussi variés :
- chimio-organotrophes, qui tirent leur énergie de matières organiques, comme la plupart des pathogènes ;
- chimiolithotrophes, qui oxydent des composés minéraux, comme l’ammoniac ou des composés soufrés ;
- méthylotrophes, pour certains genres capables d’utiliser le méthanol ;
- phototrophes, pour quelques espèces capables d’utiliser la lumière.
Rôle écologique
Les bêtaprotéobactéries jouent un rôle important dans les cycles des éléments :
- la nitrification : des bactéries comme Nitrosomonas oxydent l’ammoniac en nitrite, première étape de la transformation de l’azote ammoniacal en nitrate dans les sols, les eaux et les stations d’épuration ;
- le cycle du soufre : certaines espèces, comme Thiobacillus denitrificans, oxydent des composés soufrés ;
- la dépollution : des genres comme Zoogloea participent à la formation des flocs des boues activées, et d’autres dégradent des composés aromatiques polluants.
Espèces pathogènes
- Neisseria meningitidis, le méningocoque, responsable de méningites et de septicémies ;
- Neisseria gonorrhoeae, le gonocoque, agent de la gonorrhée, infection sexuellement transmissible ;
- Bordetella pertussis, agent de la coqueluche, et Bordetella bronchiseptica, qui touche les voies respiratoires de nombreux mammifères ;
- Burkholderia pseudomallei, agent de la mélioïdose dans les régions tropicales, et les bactéries du complexe Burkholderia cepacia, redoutées chez les personnes atteintes de mucoviscidose ;
- Ralstonia solanacearum, pathogène des plantes responsable du flétrissement bactérien de la pomme de terre et de la tomate.
Autres exemples
Nitrosomonas europaea, bactérie nitrifiante modèle ; Spirillum volutans, grande bactérie spiralée des eaux douces ; Comamonas et Variovorax, fréquents dans les sols et les eaux. Des espèces autrefois rangées dans ce groupe, comme certaines bactéries soufrées, ont été reclassées ailleurs après l’analyse de leurs gènes.


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