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Qu’est devenue la mer d’Aral ?

Vous êtes ici : » » Qu’est devenue la mer d’Aral ? ; écrit le: 12 mars 2012 par Hela modifié le 17 novembre 2014

Qu’est devenue la mer d’Aral ?Qu'est devenue la mer d'Aral ?

Cette mer intérieure de Sibérie a subi une véritable catastrophe écologique, suite à des perturbations du cycle de l’eau.

D’une surface initiale de 60 000 km2, grande autrefois comme le Portugal, elle a perdu la moitié environ de sa surface depuis le début des années 1960 et s’est séparée en deux bassins, la Grande et la Petite Aral. Principale responsable : une diminution progressive des apports d’eau douce suite à la dérivation d’une



Partie importante des eaux de l’Amou-Daria et du Syr-Daria, les deux grands fleuves qui s’y déversent. Le tout afin d’irriguer les cultures cotonnières des steppes de l’Ouzbékistan. 10 000 litres d’eau qui sont nécessaires pour produire un kilogramme de coton. L’évaporation particulièrement intense dans ces régions arides a provoqué un déficit notable dans l’apport d’eau douce à la mer d’Aral, dont la salinité a augmenté à tel point que les vingt-quatre espèces de poissons qui y vivaient ont progressivement disparu.

Seules quelques crevettes parviennent à résister et une étrange raie mutante a fait son apparition. Les pêcheurs du port de Muynak, aujourd’hui à plus de soixante kilomètres des rives actuelles, ont cessé toute activité. La mortalité infantile et les maladies graves (tuberculose, cancers, affections du sang) ont d’ailleurs explosé dans cette cité autrefois prospère.

Des dunes aux sables enrichis en sel se sont formées là où la mer a disparu et où subsistent des navires échoués en plein désert. Les tempêtes de sable polluent l’air des villes riveraines augmentant la fréquence des maladies respiratoires. Le sable, gris et salé, empoisonne l’environnement jusqu’en Arctique. Le climat s’est totalement transformé : les températures qui oscillaient jadis entre – 25 °C et +35 °C s’étalent maintenant de -50 °C à +50 °C.

L’eau potable est devenue salée et l’abus d’engrais, de nitrates et de pesticides a pollué l’atmosphère. La teneur en pesticides de la nappe phréatique est telle que les eaux de boisson n’y sont plus, depuis longtemps, conformes aux normes minimales de potabilité. En Afrique, le lacTchad se rétrécit comme peau de chagrin, lui aussi. Sa superficie est tombée de 25 000 à 1 350 km2, principalement du fait de la sécheresse mais aussi d’une irrigation excessive, les interventions humaines ayant bouleversé le cycle de l’eau.

Peut-on sauver la mer d’Aral ?

Après l’effondrement de l’URSS en 1991, l’aide internationale s’est précipitée dans cette région.

Malheureusement, après de multiples rapports, les experts concluent que la mer d’Aral ne pourra jamais retrouver son niveau initial. Le seul arrêt de la régression de l’Aral nécessiterait une injection immédiate de 30 à 35 km3 d’eau, ce qui est considéré comme impossible à cause des besoins des plaines cotonnières.

L’Ouzbékistan est actuellement le second producteur mondial de coton et la seule solution réaliste, stopper l’agriculture intensive, n’a pas été envisagée à ce jour.

Pour éviter un désastre humain et social, les institutions internationales ont fourni à la population de l’eau saine et des équipements de santé. La Banque mondiale a financé la création de vingt-cinq stations pour contrôler la qualité de l’eau potable dans toute l’Asie centrale.

Au Kazakhstan, l’espoir renaît avec les projets du président Noursoultan Nazarbaïev qui a projeté de rehausser le niveau de la Petite mer de six mètres, grâce à une digue de 13 km destinée à barrer le goulet la séparant de la Grande mer. Cette portion de mer n’est pas totalement anéantie car le Syr-Daria y parvient par intermittence et l’intervention permettrait à l’industrie de la pêche de renaître et à la ville d’Aralsk de redevenir un port.

La population a réuni elle-même les fonds pour construire un barrage de sable pour transformer en lac la mer d’Aral du Nord. L’entreprise ne pourra être poursuivie, affirment les responsables kazakhs, que s’ils obtiennent de la Banque mondiale les fonds nécessaires pour construire un barrage permanent.

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