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Une variété de matières premières : Le papyrus

Vous êtes ici : » » Une variété de matières premières : Le papyrus ; écrit le: 7 mai 2012 par chiraz modifié le 14 novembre 2014

Le bois est actuellement la principale matière première utilisée pour la fabrication du papier. D’autres matières premières ont existé et existent encore. Dans un premier temps, nous détaillons ce qui concerne le papyrus, dans la mesure où il a été le support le plus longtemps employé par l’homme pour consigner ses écrits, et cela depuis la plus haute Antiquité. Le papier chiffon est aussi un modèle qui mérite que l’on s’y attarde: le chiffon a en effet constitué pendant près de cinq siècles la seule matière première du papier dans nos pays occidentaux. Il est donc à l’origine de l’histoire du papier.

Le papyrusUne variété de matières premières : Le papyrus

Le terme « papyrus » est ambigu dans la mesure où il désigne à la fois une plante et un matériau, plus précisément le support d’écriture obtenu à partir de cette plante. Dans la littérature, le mot désigne le plus souvent le support d’écriture, voire le livre couvert d’écritures. D’origine égyptienne, le papyrus aurait déjà été employé 3 000 ans avant notre ère à une époque où la plante était très abondante dans la vallée marécageuse du delta du Nil. Ainsi, elle est souvent appelée «roseau d’Égypte». En égyptien ancien, le terme «papyrus» signifiait «le royal» et semble avoir une étymologie commune avec le mot « pharaon », les pharaons étant sans doute les plus grands utilisateurs de papyrus. Utilisé jusqu’au ixe siècle apr. J.-C., il représente donc le support d’écriture qui a la plus longue histoire. C’est le mot grec papyrus qui est à l’origine du mot « papier» en différentes langues: paper en anglais, Papier en allemand, papeI en espagnol,



La plante

Le papyrus est une angiosperme monocotylédone appartenant à l’ordre des cypérales, de la famille des cypéracées, genre Cyperus, espèce papyrus L. Les cypéracées sont représentées surtout par des plantes herbacées, de taille variable, parmi lesquelles les carex, plus communément appelés laîches, les linaigrettes et les souchets dont le papyrus est un exemple. Ce dernier est une plante vivace de grande taille, en moyenne 4 m de hauteur, pouvant atteindre 6 m; elle pousse dans les régions marécageuses et les lieux humides.

Le papyrus est une herbe robuste dont le rhizome épais rampe dans la vase du bord des fleuves. Dans la région marécageuse du haut Nil, il forme des fourrés flottants impénétrables. Ses tiges sont triangulaires, très épaisses à la base et terminées par des feuilles longues et coupantes. Les tiges florifères portent des ombelles de fleurs en épillets. C’est la tige du papyrus qui servait aux Égyptiens à fabriquer le support d’écriture. Sous l’épiderme incrusté de silice se situe un parenchyme cortical épais de quelques cellules (4 à 6), très chlorophyllien et parcouru de nombreux faisceaux de sclérenchyme et de quelques éléments conducteurs. Le reste de la tige correspond au parenchyme « médullaire » (en réalité, l’écorce et la moelle n’ont pas ici de limites tranchées, mais l’usage est de parler de moelle) dans lequel de très nombreuses lacunes se sont développées. Il en résulte un tissu très spongieux, un aérenchyme, chlorophyl­lien, parcouru aussi de nombreux faisceaux conducteurs entourés d’une gaine périfasciculaire.

Des observations fines ont montré que les parois cellulaires de cet aérenchyme sont très structurées et présentent une texture en contreplaqué torsadé régulier, qui confère au tissu des propriétés de plasticité et de malléabilité remarquables.

De la plante au support d’écriture

Les différentes étapes permettant la préparation du support d’écriture remontent à l’Égypte ancienne. La tige est d’abord écorcée. Les tis­sus externes, très durs, sont enlevés de façon à ne conserver que les tissus médullaires. On sectionne d’abord des lamelles longitudinales dans les tiges. Celles-ci sont empilées les unes à côté des autres de telle façon que les bords se chevauchent, les empilements se faisant en alternant couches longitudinales et transversales, comme dans un contreplaqué croisé. Ces empilements se font en milieu humide sur une table, le tout étant humecté de l’eau du fleuve et martelé pendant une ou plusieurs heures. L’amidon contenu dans la tige et l’eau environnante constituent une sorte de colle naturelle qui permet l’adhérence des bandes les unes avec les autres. Après séchage au soleil on obtient des feuilles de 30 cm de large environ.

Les caractéristiques du papyrus

Le papyrus n’est pas un vrai papier, selon la définition donnée précédemment, dans la mesure où il n’y a pas dissociation de fibres végétales. Ce n’est pas non plus un tissu, bien que ce mot ait été utilisé par Pline l’Ancien pour le désigner, car il n’y a pas d’entrecroisement des éléments pour former une trame. C’est donc un support d’écriture très original, une construction lamellée et feuilletée. Malgré l’aplatissement provoqué par le martelage, les zones de chevauchement, les tissus et les structures cellulaires restent facilement discernables. Meme dans un papyrus trés ancien, on reconnait trés bien l’organisation cellulaire d’origine.

Le papyrus est un <<matériau composite>> naturel qui contient à la fois des éléments fibreux robustes(faisceaux conducteurs) et des composants souples(cellules de l’aérenchyme). De cette organisation et du martelage résultent des propriétés significatives:

–     malléabilité et ténacité. Les parois cellulaires, par leur structure en contreplaqué hélicoïdal, peuvent en effet subir de longs martelages sans se rompre. Leur capacité de déformation permet aux tissus de résister aux diverses tractions ;

–    blancheur. À part les faisceaux conducteurs, les tissus de l’aérenchyme sont très peu lignifiés. Le papyrus peut conserver longtemps une certaine blancheur, très appréciée des scribes. Le matériau était souvent lissé à la pierre ponce, ce qui lui donnait un aspect uni et doux ;

–    adhésivité. Cette propriété importante est due aux composés cellulaires endogènes (amidon, hémicelluloses des parois), libérés spontanément et sous l’action des microorganismes, pendant le séjour dans les eaux stagnantes, tièdes et non stériles.

L’utilisation du papyrus a toujours été le support d’écriture, de textes et de dessins religieux, historiques et scientifiques des Égyptiens, trésor de documents magnifiques qui nous ont permis d’avoir accès à l’une des plus belles civilisations de l’Antiquité.

Souvent, plusieurs feuilles (une vingtaine en moyenne) étaient collées latéralement pour former le livre rouleau ou « volumen », dont la longueur pouvait atteindre 6 à 15 m. Dans l’Antiquité, la plante servait à de nombreux autres usages : aliment, grâce à la comestibilité des jeunes pousses ; matériau servant à fabriquer des cordages, des nattes ou des pagnes. Les tiges de papyrus, assemblées en faisceaux, étaient aussi utilisées pour fabriquer des embarcations légères. Selon le livre biblique de l’Exode, c’est dans un « coffret de papyrus enduit de bitume et de poix » que Moïse aurait été trouvé flottant sur les eaux du Nil, échappant ainsi à la folie meurtrière d’un pharaon.

Vidéo : Une variété de matières premières : Le papyrus

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2 réponses pour "Une variété de matières premières : Le papyrus"

  1. employes.be  9 mai 2012 at 1 h 10 min

    Salut, J’ai bien aimé ton article sur Employes aux ecritures. Je n’en avais jamais entendu parler. Merci. A bientôt, Martina.

    Répondre
  2. employes.lu  9 mai 2012 at 1 h 11 min

    J’aime lire les blogs sur Employes aux ecritures. Le votre est genial. Je l’ajouterai à mes favoris. Merci ! Bianca.

    Répondre

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