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Du temps sacré au temps profane : L’Église organise le temps

Vous êtes ici : » » Du temps sacré au temps profane : L’Église organise le temps ; écrit le: 14 juillet 2013 par imen modifié le 7 novembre 2014

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L’Église organise le temps

L’Église, lorsqu’elle va prendre le contrôle de la vie publique et de la vie privée, ordonnera le temps de la vie quotidienne, ce qui revient à le recréer, par toute une série de mesures qui vont bientôt s’inscrire dans la mémoire collective. On peut faire remonter cela à l’an 380, lorsque le christianisme devint la reli­gion officielle de l’Empire romain. L’Église est alors assez forte pour résister aux invasions barbares du Ve siècle. C’est à cette époque que saint Bénedict règle le temps des moines, rythmé par des prières, les matines (minuit), les laudes (6 heures), la tierce (9 heures), les sextes (midi), la none au milieu de l’après-midi, les vêpres au coucher du Soleil, la comptine ou les complies à la tombée de la nuit.
Les premiers almanachs religieux, qui deviendront des calen­driers, vont rappeler ensuite à tous l’obligatoire célébration des lêtes saintes. Ces fêtes coïncidant avec des jours fériés, des tra­vailleurs s’y sont longtemps opposés, notamment les paysans et les artisans. Peu à peu, l’aspect qualitatif du temps va prendre le pas sur son aspect quantitatif. L’Eglise créé ainsi la dimension moderne du temps linéaire, habité d’un perpétuel devenir.
Il semble que ce soit le pape Sabinus qui, en Fan 600, ait donné l’ordre de sonner les cloches toutes les heures. L’histoire ne dit pas comment on savait que l’heure était écoulée – proba­blement à l’aide d’horloges à eau. La plupart des religions monothéistes vont installer de même des repères précis dans le temps. Dans le monde chrétien, qui deviendra le nôtre, l’Église va prendre la direction de !’organisation du temps, comme elle a déjà la direction des affaires, puisque tous les rois sont chré­tiens, en Europe. C’est l’époque des grands pèlerinages, qui se font dans des périodes bien déterminées. Le temps du pèleri­nage, sacré, est différent du temps liturgique, il est même arrivé qu’il s’y soit opposé. Le pèlerin, placé dans un contexte tempo­rel et matériel nouveau, se sent un autre être, vit une autre exis­tence. Le grand pèlerinage est une chose très importante, il anive que ce soit l’affaire d’une vie entière. Il en sera de même des croisades.
On retrouve les mêmes préoccupations vis-à-vis du temps dans les autres religions. Les bouddhistes commencent leurs pèlerinages les jours de pleine lune, laquelle a marqué nombre de croyances. Le pèlerinage musulman à La Mecque ne se fait pas n’importe quand, mais pendant une semaine bien détermi­née du mois sacré de l’année lunaire. Il a pris la suite de très anciens pèlerinages païens, qui conduisaient les Arabes pré­islamiques vers le même endroit, mais pour y adorer des idoles. Il n’est sans doute pas indifférent que le croissant figure sur la plupart des drapeaux des pays musulmans, remarque Daniel Boorstin : la nouvelle lune marque aussi le début et la fin du ramadan, et ponctue régulièrement tout le calendrier, qui prend une fonction à la fois politique et religieuse.



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