Fonctionnement de la station

> > Fonctionnement de la station ; écrit le: 24 janvier 2013 par imen modifié le 13 novembre 2014

Muni de ces instruments de base, l’amateur de météo peut alors effectuer des relevés et se risquer à des prévisions. Il est évidemment très instructif de comparer la prévision à la réalité, pour affiner les prévisions suivantes. L’instal­lation des instruments et le relevé des mesures obéissent à quelques règles de bon sens. Il est judicieux de rassembler les instruments en un seul endroit et d’effectuer les relevés au bon moment, qui varie selon la mesure concernée.

Installer une station météo

Pour installer une station météo digne de ce nom, il faut disposer au moins d’un petit jardin. L’endroit doit être plat, recouvert de pelouse, et ne pas se trouver à proximité d’arbres de grande taille ou de bâtiments de hauteur éle­vée, qui auraient une influence sur les mesures du vent ou de la température.

La PARTIE PRINCIPALE de la station sera un abri en bois, dans lequel seront placés les principaux instru­ments de mesure, ainsi protégés à la fois du soleil et des intempéries. Cet abri peut être une simple caisse, per­cée de trous pour l’aération. Mais on peut construire une base plus élabo­rée, avec persiennes d’aération et porte d’accès montée sur charnières, à l’image des stations météo profession­nelles.

L’ensemble doit être peint en laque blanche, cette couleur réfléchissant bien la chaleur, son vernis permettant de résister aux intempéries. Veillez à diriger l’ouverture vers le nord, afin que les rayons solaires ne perturbent pas la lecture de la température.

UN ABRI-TYPE renfermera un ther­momètre à mercure, pour la mesure précise de la température instantanée, un thermomètre à maxima-minima, un hygromètre, ou à défaut un second thermomètre à mercure dont le réser­voir sera entouré d’un petit cylindre de mousseline pouvant être humidi­fiée, pour être utilisé en tant que psychromètre et enfin un baromètre anéroïde. Thermomètre, baromètre et hygromètre sont parfois regroupés sur une seule et même plaquette, pour constituer une petite station météo d’intérieur.

Quant au pluviomètre, il peut n’être qu’une simple boîte de conserve dans laquelle on placera un entonnoir dont le diamètre sera un peu supé­rieur, pour faire écran au rayonne­ment solaire et limiter l’évaporation. On le placera à environ 1 m du sol, fixé sur un piquet lui-même enfoncé en terre.L’ensemble devra être amovible, de façon que le contenu de la boîte puisse être versé dans une éprouvette graduée ou un verre mesureur.

Effectuer des relevés météo

Une fois la station réalisée, il reste à l’utiliser le plus judicieusement pos­sible. Le relevé des instruments ne doit pas être effectué n’importe quand, ni n’importe comment.

Règles élémentaires

Relever LÉS INSTRUMENTS régu­lièrement (sinon les mesures ne pré­sentent gufle d’intérêt). II faut effec­tuer des relevés quotidiens, si possible à heures fixes. Les météorologistes officiels ont retenu 7 h, 14 h et 21 h, mais on peut se contenter de deux relevés, matin et soir. La pression atmosphérique subit une oscillation diurne dont l’amplitude est d’environ 1 mb aux latitudes moyennes (nulle aux pôles, 4 mb à l’équateur), avec un maximum à 10 h et 22 h, un minimum à 4 h et 16 h. Il est donc recommandé de relever le baromètre aux heures intermédiaires: 7 h, 13 h ou 19 h, pour ne considérer que les variations réellement en rapport avec le déplacement des masses d’air. Il ne faut jamais relever la température au soleil : la valeur ainsi obtenue, contrai­rement à ce que l’on croit souvent, n’a aucune signification. Ce qui importe, c’est la température de l’air.

La PLUVIOMÉTRIE doit être mesu­rée tous les jours (à condition évi­demment qu’il ait plu) le plus tard possible dans la journée. Si vous utilisez un baromètre anéroïde, n’oubliez pas de l’étalonner en fonction de l’altitude du lieu d’ob­servation.II suffit pour cela de connaître la pres­sion relevée par la station météo la plus proche de votre domicile (la valeur indiquée est toujours ramenée au niveau de la mer) et de placer l’ai­guille de votre baromètre au même niveau.Attention aussi à ne pas confondre mil­limètres et millibars ; les cadrans des baromètres anéroïdes comportent géné­ralement les deux échelles. Il est CONSEILLÉ ÉGALEMENT de vérifier l’exactitude des thermomètres à maxima-minima en prenant pour réfé­rence la température indiquée par un simple thermomètre à mercure.

Tableau synoptique

Pour être utilisables, les relevés météo doivent être portés sur un tableau «synoptique», permettant de voir d’un seul coup d’œil les différentes valeurs. Mais on ne relève pas que des valeurs numériques ; il y a aussi des éléments non précisément chiffrables, comme la nébulosité (fraction du ciel couverte de nuages) ou le type de nuages présents ; il est alors intéressant d’utiliser des symboles. Une convention internatio­nale exprime la nébulosité en « octas », c’est-à-dire en huitièmes.Le principe consiste à regrouper par la pensée tous les nuages dans un même secteur du ciel et à évaluer le degré d’obscurcissement de ce ciel. Toutes LES INDICATIONS des instru­ments de votre station ne serviront pas pour établir des prévisions. La tempé­rature et la pluviosité, par exemple, n’ont qu’un caractère statistique.Mais, accumulées sur une longue période de temps, elles permettront de définir le climat moyen de votre région. À condition d’être patient : les météo­rologistes officiels considèrent en effet que, pour obtenir une moyenne valable, les observations doivent porter sur plus de 30 ans !

Petite histoire de la Météo

L’un des premiers instruments météo fut la girouette, inventée vers 1500 par Léonard de Vinci, qui aurait également ima­giné l’hygromètre. C’est en fait Ferdinand II de Toscane qui, vers 1650, réalisa le premier appareil à mesurer l’humidité de l’air. La première mesure fut sans doute celle du cardinal de Cusa, qui évalua le degré d’humidité de l’air en pesant des boules de laine respectivement sèche et humide. L’hygromètre à cheveu, dû à Horace Bénédict de Saus­sure, n’apparut qu’en 1783.Le thermomètre fut inventé en 1597 par Galilée, mais il n’existait alors aucune échelle de mesure. C’est le Néerlandais Huygens qui proposa, en 1665, de définir la température à par­tir des deux états caractéris­tiques de l’eau : la congélation et l’ébullition.Le premier baromètre est dû au physicien italien Gasparo Berti (Giovanni Baliani) qui, en 1641, fixa le long du mur de sa mai­son un tube de 10 mètres de haut, rempli d’eau, dont l’extré­mité inférieure plongeait dans un grand bac du même liquide. De sa fenêtre, selon qu’il voyait ou non le sommet de la colonne d’eau, il en déduisait le temps… Deux ans plus tard, son compa­triote Torricelli découvrit que le poids de la colonne liquide cor­respondait à la pression exer­cée par l’atmosphère sur l’eau du récipient. Il remplaça l’eau par l’élément le plus dense qui soit en même temps liquide à la température ambiante(le mercure), afin de diminuer par commodité la hauteur de la colonne. Le mercure étant presque 14 fois plus dense que l’eau, la hauteur s’en trouva réduite d’autant : elle n’est plus que de 76 centimètres. Ainsi est né le baromètre à mercure.

À la fin du xvnesiècle, avec l’in­vention de l’anémomètre et du pluviomètre, la panoplie des ins­truments météorologiques était complète.

Les relevés se présentèrent d’abord sous forme de «jour­naux météo». Les plus anciens, retrouvés à Florence, datent de 1655. Parmi les plus intéres­sants, ceux du philosophe John Locke débutent avec l’année 1666. Les mesures resteront irrégulières jusqu’en 1706, année à partir de laquelle des relevés ininterrompus sont effectués à l’Université d’Utrecht.

Dès 1781, le chimiste Lavoisier, reprenant une idée du physicien Borda, avait suggéré que les phénomènes météo étaient migrateurs, imaginant la possi­bilité de créer un réseau de sta­tions météorologiques. Mais l’absence de moyens de trans­mission -et la guillotine – interrompirent ses projets…

En fait, le premier réseau météo est dû à Ferdinand II duc de Toscane, qui créa, en 1654, dix stations de relevés du temps, notamment à Florence, Pise, Paris et Varsovie. C’est l’hosti­lité de l’Église face aux mesures savantes qui entraîna leur inter­ ruption, en 1667. Un autre réseau fut créé par la Royal Society de Londres, qui fonc­tionna jusqu’en 1735. L’événement qui marqua la naissance officielle de la météorologie scientifique est en fait plus récent. En novembre 1854, la France, l’Angleterre, le Piémont et la Turquie sont engagés dans une guerre contre la Russie et les flottes alliées bloquent le port de Sébastopol. Le 14 de ce mois, la flotte française, ancrée à Balaklava, en mer Noire, est détruite par une violente tem­pête. Une quarantaine de navires sont perdus. Suite à ce désastre, Napoléon III demande au maréchal Vaillant, ministre de la Guerre si cette tempête aurait pu être prévue. L’astro­nome Urbain Le Verrier, chargé du travail, rassemble les relevés effectués dans plusieurs obser­vatoires et universités, retra­çant le trajet de la tempête à travers l’Europe. Il en déduit qu’elle aurait pu être annoncée. Il propose à l’empereur de mettre sur pied un réseau de stations à travers l’Europe, dont les observations seront transmises à Paris par le télé­graphe, qui vient juste d’être inventé. En 1856, on compte déjà 21 stations en Europe et, à partir de 1863, l’observatoire de Paris – dont Le Verrier est le directeur – commence à diffuser des « bul­letins du temps» et des avis de tempête. À la mort de Le Ver­rier, en 1877, est créé le Bureau central météorologique.

Vidéo : Fonctionnement de la station

Vidéo démonstrative pour tout savoir sur : Fonctionnement de la station

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