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Le temps de la création

> > Le temps de la création ; écrit le: 15 juillet 2013 par imen modifié le 7 novembre 2014


Le temps de la création

Toute création est un acte par lequel l’artiste exprime sa liberté. C’est donc une façon de jouer avec le temps, de se projeter vers le futur, d’exorciser le passé. Le créateur imagine le moment où l’œuvre achevée sera, soit reconnue comme une réussite, soit considérée comme un échec. Les deux immobi­lisent le temps. Mais il faut de la durée pour que l’œuvre soit imaginée et créée. L’acte créateur est, par ailleurs, irréversible et unique, comme l’œuvre d’art qu’il fait naître. Il arrête provi­soirement le temps tandis qu’il s’effectue, dans la mesure où il bloque sur lui l’activité et la pensée de l’artiste, du savant ou du poète. Il l’arrête aussi lorsque l’œuvre, figée, est achevée. On a pu dire que l’acte créateur est un instant historique.
« Le sentiment de création que nous impose l’œuvre capitale est voisin de celle qu’éprouve l’artiste qui la crée : elle est une parcelle du monde qui n’appartient qu’à lui, dit André Malraux. La grande œuvre d’art n’est pas tout à fait vérité : elle est. Elle a surgi. Non pas achèvement, mais naissance. Vie en face de la vie, selon sa nature propre ; et animée, au sens étymologique, par la coulée du temps des hommes qui la métamorphose et s’en nourrit. » Et encore cela, qui illustre bien les rapports ambigus de l’artiste avec le temps : « S’il advient qu’un artiste fixe un instant privilégié, il ne le fixe pas parce qu’il le repro­duit, mais parce qu’il le métamorphose. Un coucher de soleil admirable en peinture, n’est pas un beau coucher de soleil, mais le coucher de soleil d’un grand peintre. »
Certains neurologues estiment que l’ensemble du cerveau par­ticipe à l’acte de création. Mozart est un exemple peut-être unique : il composait souvent sa musique entièrement dans sa tête, dans un état où il se trouvait comme hors du temps. « L’œuvre est achevée dans mon crâne, écrit-il dans une lettre. Même si c’est un long morceau, je peux embrasser le tout d’un seul coup d’œil, comme un tableau ou une statue. Dans mon imagination, je n’entends pas l’œuvre dans son écoulement, comme ça doit se succéder, mais je tiens le tout d’un bloc, pour ainsi dire. C’est un régal ! » Cette création naissait, chez Mozart, presque sans réflexion, d’une manière quasi instantanée, comme si elle apparaissait d’un coup, dans une sorte d’automatisme. Transcrire ensuite la musique était pour lui comme un pensum. Il vivait dans sa musique, oubliant ce qui existait à côté. On raconte qu’il jouait du piano avec un air extatique, tandis que, dans la pièce voisine, ses parents soutenaient sa sœur, qu’ils croyaient mourante, mais qui, heureusement, survécut. Picasso aussi avait souvent son tableau tout fait dans sa tête avant de le peindre. « Je ne cherche pas, je trouve », disait-il.

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