Les épineuriens

Les épineuriens
Les épineuriens sont, dans une classification classique de la zoologie française, les animaux dont le système nerveux central est situé sur la face dorsale du corps, au-dessus du tube digestif. Ils regroupent les cordés, c’est-à-dire principalement les vertébrés, des poissons jusqu’à l’être humain. Ils s’opposent aux hyponeuriens, chez qui la chaîne nerveuse est ventrale, sous le tube digestif.
Une opposition entre deux plans d’organisation
Chez les hyponeuriens, comme les insectes, les crustacés ou les annélides, le système nerveux forme une double chaîne de ganglions qui court le long de la face ventrale ; seule une paire de ganglions cérébroïdes, au-dessus de l’œsophage, se trouve en position dorsale. Chez les épineuriens, au contraire, le système nerveux central est un tube creux, le tube neural, situé le long du dos, au-dessus de la notocorde puis de la colonne vertébrale.
Ce tube neural se forme chez l’embryon par l’enroulement d’une plaque de cellules dorsales : c’est la neurulation. Sa partie antérieure se renfle pour donner l’encéphale, logé dans la boîte crânienne, et sa partie postérieure devient la moelle épinière, protégée par les vertèbres.
Une position qui favorise la céphalisation
La position dorsale laisse au système nerveux la place de se développer vers l’avant sans être enserré par le tube digestif. Chez les vertébrés, l’encéphale a connu au cours de l’évolution une forte expansion, qui culmine chez les mammifères et en particulier chez l’être humain. On parle de céphalisation pour désigner cette concentration des centres nerveux dans la tête.
Le système nerveux autonome, qui règle sans contrôle conscient le rythme cardiaque, la digestion ou la sécrétion des glandes, existe lui aussi chez les épineuriens. Il comporte des chaînes de ganglions situées de part et d’autre de la colonne vertébrale et des plexus proches des viscères.
La myéline : une précision nécessaire
On lit parfois que tous les épineuriens possèdent des nerfs myélinisés et qu’aucun invertébré n’en a. C’est inexact. La myéline, gaine isolante qui accélère la conduction de l’influx nerveux, apparaît chez les vertébrés à mâchoires ; les vertébrés sans mâchoires actuels, lamproies et myxines, en sont dépourvus. À l’inverse, certains invertébrés, notamment des crustacés, ont développé indépendamment des gaines comparables autour de certaines fibres nerveuses.
Ce qu’en dit la biologie actuelle
La classification moderne ne retient plus les termes d’épineuriens et d’hyponeuriens comme groupes formels ; elle s’appuie sur la parenté évolutive établie par la comparaison des génomes et du développement embryonnaire. L’opposition garde pourtant une vraie valeur descriptive. Dès 1822, le naturaliste Étienne Geoffroy Saint-Hilaire avait suggéré qu’un vertébré ressemble à un arthropode retourné sur le dos. Les travaux de biologie du développement ont montré que des gènes de même origine organisent l’axe dos-ventre chez les insectes et chez les vertébrés, mais avec une orientation inversée, ce qui donne un fondement moléculaire à cette idée longtemps jugée spéculative.

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