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Les fibres textiles : La culture du cotonnier

Vous êtes ici : » » Les fibres textiles : La culture du cotonnier ; écrit le: 3 mai 2012 par chiraz modifié le 14 novembre 2014

La culture du cotonnierLes fibres textiles : La culture du cotonnier

La culture du cotonnier s’étend dans les régions de climat tropical et subtropical, c’est-à-dire entre le 37e parallèle sud et le 41e parallèle nord. Les surfaces cultivées en coton représentent 35 millions d’hectares, soit 0,8 % environ de l’ensemble des terres cultivées.

Le sol. Il doit être de bonne qualité, avec une terre profonde et fertile, perméable et bien drainée. Les terres les mieux adaptées sont les terres alluvionnaires. Cependant, le cotonnier peut se développer dans des sols moins favorables, le rendement étant dans ce cas diminué et l’apport en



engrais organiques ou chimiques devenant indispensable. La culture du cotonnier est parmi les plus épuisantes pour le sol. Elle ne devrait pas être maintenue plusieurs années de suite sur les mêmes terres. Ainsi, on pratique l’assolement qui a pour avantage de maintenir ou augmenter la fertilité et de lutter contre les adventices (mauvaises herbes), les maladies et les parasites. Souvent, un assolement triennal permet de cultiver en alternance le cotonnier, une légumineuse (par exemple, le soja ou l’arachide) et une céréale (par exemple, le maïs). La monoculture du coton conduit à une baisse importante du rendement que l’on peut compenser en partie par un usage massif d’engrais fertilisants et de pesticides, mais il s’ensuit une pollution des sols.

Les besoins en eau. Le cotonnier a besoin d’humidité et d’eau tout au long du cycle de développement : germination, croissance végétative, floraison et maturation des capsules. Deux types de culture sont pratiqués :

–    la culture pluviale ou « sèche » ne comporte aucun apport artificiel d’eau. Elle suppose un climat où les précipitations sont suffisamment abondantes et bien réparties, comme dans les régions tropicales et de mousson ;

–    la culture irriguée nécessite un apport artificiel. Les techniques d’irrigation sont variées (submersion, gravitation, aspersion). Elles sont adaptées au climat, au sol et au terrain, celui-ci devant être humidifié mais non saturé. La culture irriguée est plus onéreuse, mais permet d’obtenir de meilleurs rendements: on obtient au maximum i à 1,2 tonne à l’hectare environ de coton graine pour une culture pluviale sans carence nutritionnelle contre 3 à 5 tonnes à l’hectare pour une culture irriguée. À l’échelle du globe, les cultures irriguées représentent 50 % des surfaces cultivées en coton, mais assurent 75% de la production. Cependant, l’irrigation doit être menée avec discernement et peut poser des problèmes écologiques importants. C’est le cas, par exemple, de l’assèchement de la mer d’Aral, consécutif à l’irrigation des cultures intensives du cotonnier dans les pays avoisinants.

L’entretien d’une culture. La culture du cotonnier nécessite de nombreux travaux d’entretien : aération du sol, démariage, binage, sarclage, désherbage par voie manuelle ou chimique. Un mauvais désherbage peut entraîner la perte d’une grande partie de la récolte. L’utilisation d’herbicides nécessite beaucoup de précautions du fait de la toxicité de ces produits dès qu’ils s’accumulent dans les sols. La fertilisation minérale améliore la production et nécessite la mise au point de véritables programmes adaptés à chaque plantation. Les engrais doivent contenir en priorité l’azote nécessaire, en grande quantité dans les premiers stades du développement, mais aussi du phosphore, du potassium et du soufre, permettant une bonne fructification et maturation. Si le sol est carencé en ces divers éléments, la plante devient chétive, plus ou moins ligneuse et improductive. La tendance actuelle est d’utiliser de plus en plus de fumures organiques compensées par des apports minéraux.

Les ennemis du cotonnier. Ils sont nombreux et variés. La plante doit se défendre contre les maladies et les ravageurs. Les maladies peuvent être provoquées par des agents pathogènes : virus, bactéries, champignons et mycoplasmes, qui attaquent la plante aux différents stades de son développement. Les symptômes sont variables : fonte des semis et maladies des plantules ; pourritures des racines et du collet ou pourritures des capsules ; maladies vasculaires provoquant le flétrissement, comme la fusariose; maladies des feuilles, comme le faux mildiou, le leafcurl, la mosaïque ou la maladie bleue. Parmi les ravageurs, les arthropodes peuvent entraîner des pertes considérables dans les récoltes. On a dénombré plus de 1300 insectes différents capables de coloniser les plants de coton. Environ 150 d’entre eux sont nuisibles: les uns attaquent les graines (diplopodes), les plantules (trips), les racines (larves de coléoptères), les tiges et les feuilles (pucerons), d’autres se développent dans les boutons floraux et les capsules où ils détruisent les fibres (larves de lépidoptères).

La protection phytosanitaire des cultures. Elle met à profit plusieurs moyens de lutte :

–    agronomiques. Ils sont simples et peu coûteux, comme la rotation des cultures, l’arrachage et la destruction des plantes hôtes;

–    génétiques. Ils consistent à sélectionner, via les techniques classiques, les variétés de plantes les plus tolérantes ou résistantes à l’agression. Plus récemment ont été mises au point des plantes génétiquement modifiées par introduction dans leur génome d’un gène de synthèse d’un insecticide. C’est le cas des cotons Bt, où l’on transfère un gène de la bactérie Bacillus thuringiensis, qui permet la synthèse d’une toxine (ô-endotoxine) aux propriétés insecticides agissant sur les larves de lépidoptères. Une cinquantaine de gènes de endotoxines ont été caractérisés. La culture de ces plantes transgéniques devrait limiter l’utilisation excessive des insecticides ;

–    biologiques. Ils mettent en jeu des parasites qui vivent aux dépens des ravageurs. Ces moyens de lutte sont efficaces mais très délicats à employer, car ils influent sur l’équilibre des écosystèmes et modifient la dynamique des populations;

–    chimiques. Ils restent les plus utilisés, malgré les inconvénients qu’ils comportent (produits onéreux à effets secondaires multiples, problèmes de résistance à long terme). Certaines de ces substances perturbent la biologie des ravageurs en les rendant incapables de se reproduire, par exemple ; en réalité, la grande majorité des substances utilisées sont des pesticides et insecticides qui tuent le prédateur. Les insecticides de synthèse appartiennent à quatre familles chimiques: les organochlorés, comme le DDT, les organophosphorés, les carbamates et les pyréthrinoïdes. Ces derniers, de création récente, ont permis d’améliorer la lutte contre de nombreux lépidoptères et sont utilisés en concentration moins forte que le classique DDT (de 10 à 20 g contre 1 kg à l’hectare). Actuellement, l’emploi des insecticides tente d’être de plus en plus ciblé pour tenir compte de différents facteurs : spécificité et rémanence de l’action, rapidité des effets, toxicité vis-à-vis des mammifères et des végétaux, compétitivité du prix et facilité d’emploi. Les modes de diffusion sont de deux sortes: épandage au sol ou diffusion aérienne. La fréquence des traitements est variable suivant le niveau économique du pays producteur: 10 à 15 campagnes par saison pour les pays industrialisés comme l’Australie ou les États-Unis; 5 à 6 campagnes pour les pays en voie de développement, comme les pays africains. L’action de ces traitements sur le rendement des récoltes est considérable : en culture pluviale, par exemple, le rendement peut varier de o à 150 kg à l’hectare sans traitement à environ 1 tonne à l’hectare avec traitement. Un des grands problèmes de l’utilisation des insecticides est celui de la résistance induite des insectes. Ce phénomène d’adaptation est très important et les plantes génétiquement modifiées doivent elles-mêmes être traitées par des insecticides au bout d’un certain temps.

La lutte phytosanitaire s’oriente maintenant vers de véritables programmes de traitements comprenant des traitements préventifs qui vont intégrer les différents paramètres de chaque plantation (climat, étude régionale du parasitisme…).

Au total, la culture du coton est une culture à «hauts risques» pour l’environnement: la recherche d’une productivité toujours plus grande nécessite une irrigation intensive, une utilisation massive d’engrais et de produits toxiques, pesticides, herbicides, défoliants ; elle peut conduire à la stérilisation des sols dans les zones surexploitées ou à des désastres écologiques comme l’assèchement de la mer d’Aral déjà cité.

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