Peut-on se fier à l’eau du robinet ?

> > Peut-on se fier à l’eau du robinet ? ; écrit le: 12 mars 2012 par Hela modifié le 17 novembre 2014

Peut-on se fier à l’eau du robinet ?

L’eau du robinet est pompée dans les rivières ou captée dans le sous-sol. Dans le cas d’eaux souterraines, les captages doivent être protégés par deux périmètres au minimum. Le périmètre de protection immédiate, un terrain gazonné de quelques dizaines de mètres de rayon protégé par une clôture, entoure le captage et la station de traitement associée.

Toute activité autre que l’exploitation de l’eau y est interdite. Quant au périmètre de protection rapprochée, il reste soumis à un cahier de charges très strict.

L’eau du robinet est probablement le produit alimentaire le plus contrôlé. L’OMS (Organisation mondiale de la santé) édicté régulièrement des normes, qui évoluent en fonction des progrès de la recherche en matière de santé. En Europe, les normes sont fixées par la Commission des communautés européennes et prennent en compte 54 critères, contre 6 en France à la fin du XIXe siècle.

À l’échelle départementale, les DDASS (directions départementales des affaires sanitaires et sociales), placées sous la tutelle du ministère de la Santé, sont chargées d’organiser les contrôles, d’analyser et de centraliser les résultats.

Les prélèvements sont effectués par des organismes publics ou privés, après appel d’offres, conformément aux directives européennes relatives à la mise en concurrence des services. Dans toutes les communes de plus de dix mille habitants, les résultats doivent parvenir annuellement à l’abonné.

Dans les grandes agglomérations, plusieurs contrôles sont effectués quotidiennement. Les petits villages au contraire ne subissent que quelques contrôles par an

Quels sont les critères de qualité ?

Ils ont été recentrés sur des impératifs sanitaires en décembre 2003 et le contrôle s’effectue à présent au robinet du consommateur et non plus uniquement en amont des installations privatives.

L’eau potable doit être exempte de germes pathogènes (bactéries, virus) et d’organismes parasites, qui présentent des risques sanitaires. Bien sûr, toutes les bactéries ne peuvent être éliminées. L’eau est un milieu vivant qui, en tant que tel, renferme une vie microbienne, mais qui doit rester inoffensive.

Les analyses recherchent la présence de colibacilles (Escherichia coli) et de streptocoques fécaux (entérocoques), deux espèces de bactéries qui ont la qualité de germes

 Précurseurs. Virus et bactéries pathogènes ne peuvent se trouver dans l’eau en leur absence. Leur présence, en revanche, constitue une présomption de contamination.

Parmi les substances chimiques toxiques, pudiquement qualifiées d’indésirables, on trouve les métaux lourds (le plomb, le mercure, le cadmium…) provenant de diverses industries mais aussi de pollutions domestiques ou de décharges d’ordures et de dépôts sauvages de ferrailles.

Depuis 2003, les normes ont été durcies en ce qui concerne le plomb, l’arsenic et le nickel, mais assouplies pour des éléments comme le zinc et le cuivre, qui n’interviennent pas directement dans les processus physiologiques.

Dans le même temps, les contrôles de radioactivité, concernant le tritium notamment, sont devenus obligatoires, avec un seuil à 100 becquerels par litre (un becquerel correspond à une désintégration radioactive par seconde). Un taux de tritium plus élevé peut être le témoin de la présence d’autres radionucléides artificiels.

Aux substances toxiques précitées s’ajoutent les nitrates présents dans le lisier et les engrais, ainsi que les pesticides et autres produits phytosanitaires. La teneur globale d’une eau en pesticide ne doit pas dépasser 0,5 microgramme par litre et la teneur individuelle 0,1 voire 0,03 microgramme pour certains d’entre eux (aldrine, dieldrine, heptachlore et heptachloépoxyde).

Le taux de chlorite, un composé dérivé du dioxyde de chlore, désinfectant souvent utilisé, a également été introduit parmi les facteurs de qualité.

Les normes sanitaires intègrent aussi des paramètres organoleptiques : l’eau doit être agréable à boire, transparente (même si une eau trouble n’est pas forcément polluée), de bonne odeur et d’un goût plaisant. Comme pour le vin, des « nez » sont recrutés : chaque jour des spécialistes habilités testent le précieux liquide.

L’eau, enfin, doit satisfaire à un certain nombre de critères physico-chimiques, concernant la température, le pH, la conductivité électrique… Le pH mesure l’acidité, laquelle doit se situer dans une fourchette allant de 6,5 à 8,5. Rappelons que le pH de l’eau neutre à 25 °C est de 7. Au-delà, l’eau est basique (ou alcaline) et en deçà, elle est acide.

Vidéo : Peut-on se fier à l’eau du robinet ?

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