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Culture et fonctionnement de la société

Vous êtes ici : » » Culture et fonctionnement de la société ; écrit le: 5 mai 2012 par Samouha modifié le 14 novembre 2014

Culture et fonctionnement de la société
Une société ne peut se maintenir que si elle parvient à fournir à ses membres la nourriture et les biens matériels indispensables à l’existence, et à assurer l’ordre, lu paix civile et la sécurité. Elle doit répondre aux aspirations spirituelles, pour¬voir à la transmission des acquis culturels et à la permanence des institutions.

La façon dont ces tâches sont remplies, et les aménagements nécessaires pour y parvenir, sont fortement marqués par la culture.



La mécanique des statuts et des rôles et l’institutionnalisation de la division du travail

 la personnalité de base

À tous les niveaux, même les plus simples, la survie du groupe demande une division des tâches et des responsabilités entre les individus selon leur âge, leur sexe et leur capacité. Qu’il s’agisse de communautés étroites où tous participent aux tâches essentielles de survie ou de sociétés modernes où le travail est atomisé ,i l’extrême, le système ne peut fonctionner que si chacun joue honnêtement le tôle, ou les rôles multiples, qui lui sont impartis : mari, père de famille, agriculteur, maire de village, pilier dans une équipe de rugby, etc. La personnalité de l’individu se trouve dessinée par les positions qu’il occupe dans la société (linton, 1959). Il lui faut respecter les conventions dominantes. Ses comportements sont de la sorte standardisés — les ethnologues parlent à ce sujet de personnalité de base (Dufrenne, 1953).

L’efficacité des comportements est assurée à la fois par les valeurs intériorisées et par le statut et la rémunération accordés par la société. Celle-ci prévoit par ailleurs une échelle de sanctions pour punir les coupables.

La pression collective a donc une grande importance. Dans les petites localités et les groupes peu nombreux et solidaires, le regard de chacun pèse sur tous : Monsieur le Maire se doit de paraître digne, responsable et accueillant en toutes circonstances. Les sociétés urbaines, par leurs foules changeantes et leur complexité, laissent plus de liberté à l’individu : les villes sont propices aux déviances, mais aussi à la liberté et aux innovations.

La dimension économique et écologique de la vie sociale

Le volet écologique et économique de la culture comporte les savoir-faire et les savoirs mobilisés pour mettre en valeur l’environnement. Il faut tirer de la nature les denrées alimentaires, l’énergie et les matières premières nécessaires, les trans¬former pour obtenir les outils, les équipements et les biens de consommation que demandent les entreprises et les ménages. Il convient d’assurer aux particuliers ou aux organisations les services qu’ils réclament. Des lieux de production et des lieux de vie doivent être aménagés ; il faut mettre en place les moyens de relations nécessaires pour faire circuler les biens, les personnes et les informations, et assurer leur fonctionnent sans à-coups. Ce que les consommateurs demandent, ce ne sont pas des denrées naturelles. Ce sont des produits élaborés grâce à la mise en œuvre de techniques. La demande porte tout autant sur leur image que sur leurs propriétés réelles : elle est le reflet d’une culture (Crang, 1996 ; Bell et Valentine, 1997).

Selon les niveaux et les types de culture, les groupes ont recours à des stratégies d’organisation très diverses. Au niveau le plus simple, c’est à la famille ou au groupe élémentaire que revient la responsabilité de produire ce qui est nécessaire et d’allouer ce qui revient à chacun.

A un niveau technique plus élaboré, les tâches de production se différencient et la division du travail s’instaure. Celle-ci s’accompagne généralement d’une organisation hiérarchique globale fondée sur le statut des différentes tâches. Des prélèvements obligatoires sont opérés sur les producteurs de biens et de services au profit de ceux qui détiennent le pouvoir politique, la force militaire et l’autorité religieuse.

Entre les castes ou les métiers spécialisés, un système de troc institutionnalisé peut se mettre en place. A un certain niveau de complexité dans les échanges, l’usage de la monnaie introduit plus de souplesse et d’efficacité.

L’historien de l’économie Karl Polanyi (1944) a montré combien l’émergence de l’économique comme secteur autonome de la vie sociale était récente et restait limitée — et combien elle avait suscité de réactions. Le passage d’une économie dont les prix sont fixés par une autorité, et où les échanges sont contrôlés par l’État, à une économie libérale de marché où le prix des moyens de production et celui des produits et services résultent de la confrontation de l’offre et de la demande sur un marché transparent, suscite, depuis les premiers théoriciens du laissez-faire classique, des débats passionnés.

La critique socialiste oppose le droit au travail au marché du travail. Face au désordre et au gaspillage provoqués par la recherche du profit et la concurrence, elle propose la production planifiée de façon rationnelle en utilisant tous les moyens disponibles. L’échec des expériences de gestion socialiste centralisée, leur inefficacité et leurs effets pervers donnent aujourd’hui un nouveau souffle ,aux tenants de l’économie libérale.

Les acteurs et responsables de l’entreprise ne ressemblent pas au modèle de l’homo œconomicus de la théorie, mû uniquement par la recherche de l’efficacité ri du profit. Les qualités morales, la force de caractère et le sens des responsabilités des protagonistes sont essentiels. Depuis Max Weber (1964), certains soulignent le rôle prépondérant joué par les milieux protestants dans les premières « tapes de la révolution industrielle. Pour réussir, l’entrepreneur doit respecter les contrats et les délais de livraison, ne pas tricher sur la qualité du produit, chercher .i innover en permanence et établir un climat de confiance avec son personnel.
I ‘exactitude, la conscience professionnelle, la compétence, le goût du travail uniment cadres et ouvriers autant que leur souci de se regrouper pour préserver leurs intérêts. La créativité et l’innovation économiques reflètent des attitudes collectives, une culture (Chevalier, 1989 ; Peyrefitte, 1995).

La dimension politique de la vie sociale

Les interventions du politique dans la vie économique dérivent de la responsabilité première du gouvernement : assurer son autorité sur le territoire de l’ État, la paix et la justice à l’intérieur, la sécurité aux frontières. Pour cela, il faut que les agents du pouvoir puissent circuler et être présents partout. Les ressources nécessaires au fonctionnement de l’armée sont à prélever sur les richesses produites par la population. Des travaux portuaires, des équipements d’irrigation…, une frappe garantissant la valeur de la monnaie peuvent accroître cette richesse.

Les institutions qui encadrent la vie politique n’ont rien de naturel. Elles ont été élaborées au cours de l’histoire et reflètent les préférences, les priorités et les valeurs des populations concernées. Dans le monde contemporain, les pays de tradition «jacobine » placent l’État au-dessus de tout, alors qu’aux Pays-Bas, ce dernier doit être au service des communautés qui composent la nation.
La tentation constante des pouvoirs dictatoriaux sans contrôle est d’imposer des prélèvements excessifs. Les ressources vont alors pour l’essentiel à ceux qui permettent au pouvoir de se maintenir, et dont il faut payer la fidélité : castes guerrières et sacerdotales. La société devient fortement inégalitaire.

Les systèmes démocratiques assurent en général un meilleur contrôle sur les recettes et les dépenses, évitent les gaspillages et les trop grandes inégalités, et se H-vêlent plus efficaces. Le pouvoir émane alors de la volonté du peuple ; une procédure de vote le délègue à quelques-uns pour une durée limitée.

Si le concept d’État comme territoire peuplé ayant à sa tête un gouvernement est clair, les concepts de « peuple » et de « nation » sont beaucoup plus flous dans les usages de la langue et dans les esprits. À quelles conditions une population peut-elle être considérée comme un « peuple » ou une « nation » ayant un droit exclusif sur le territoire qu’elle occupe ? On voit bien ici l’imbrication étroite de la géographie politique et de la géographie culturelle.

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