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La nature du fleuve : Les facteurs de régulation

> > La nature du fleuve : Les facteurs de régulation ; écrit le: 8 mars 2012 par tayechi modifié le 17 novembre 2014


Les modalités de l’écoulement fluvial sont contrôlées par deux séries de facteurs qui ne laissent pas d’interférer entre eux, le principe de zonalité climatique influençant des facteurs qui, de prime abord, paraissent azonaux.

Les facteurs liés au substrat

Au titre de ceux-ci, on retiendra, outre les variations dues aux contrastes orographiques, à la continentalité et aux systèmes de pentes, le rôle de la lithologie avec deux séries d’oppositions entre, d’une part, les roches poreuses (calcaires, basaltes, grès poreux, sables) et les roches imperméables (séries granito-gneissiques, schistes) et, d’autre part, les roches meubles ou friables (argiles, marnes, schistes) et les roches résistant à l’érosion* mécanique (calcaires massifs, aplites, granités à grains fins, gneiss riches en orthose).

En fait, ces catégories tendent à se brouiller dès lors que sont prises en compte la diversité zonale et la succession temporelle des processus mis en œuvre : roches résistantes sous climat tempéré, les granites deviennent des roches tendres sous climat chaud et humide, les calcaires massifs fondent littéralement sous l’effet conjugué des précipitations chaudes et des acides humiques sous climat tropical humide, ie sable devient une roche dure sous les climats des hautes latitudes, etc. Il n’en reste pas moins que sous un climat donné, la densité du chevelu hy drographique est partiellement commandée par la combinaison des pentes et de la lithologie.

Cette même interférence de principes zonaux et azonaux se retrouve dans la composition et le rôle morphologique des sols et des formations superficielles. Les épais manteaux de décomposition en zone tropicale humide favorisent la circulation de l’eau dans des inféro-llux* qui absorbent une partie des précipitations, régularisent l’écoulement superficiel et soutiennent les étiages. Inversement, les cuirasses des régions de savane préviennent l’infiltration, favorisent le ruissellement et ne permettent pas au substratum de stocker des réserves d’eau. En milieu plus sec l’abondance des débris et la concentration des précipitations sur quelques séquences intenses et brèves, génèrent des formes d’écoule¬ment laminaire, boueux, où l’eau se charge d’une masse de matériaux hétérogènes et modèle le substrat comme le ferait un rabot.


Au niveau des hautes latitudes, le phénomène marquant est le gel hivernal dont la durée et l’intensité provoquent la persistance du gel en profondeur. Ce phénomène, appelé pergélisol*, prévient l’encaissement des lits fluviaux qui ne dépasse pas une mince couche superficielle. Ce phénomène et la faible durée de la saison d’écoulement liquide conditionnent le modelé fluvial : des lits démesu¬rément larges et instables où roulent durant une brève saison, des flots boueux.

Il n’y a guère, en définitive, que dans les pays de climat tempéré, que les sols et les formations superficiels assurent un rôle de filtre et de régulation efficace pour des précipitations le plus souvent régulières et modérées.

Les facteurs zonaux

Figure au premier chef dans ce décompte, la zonation de la biomasse en unités qui dépassent le plus souvent la région et correspondent alors à un ou plusieurs domaines écosystémiques . Sur ce plan, la distinction s’impose entre : le milieu forestier tropical (p. ex. Amazone, Congo), caractérisé par la continuité du manteau forestier et la grande diversité des espèces arborescentes où dominent les formations sempervirentes favorisées par la quasi-continuité des séquences pluvieuses abondantes réparties sur plus de huit mois ; les milieux de savane, correspondant soit à des formations arborées claires caractéristiques des milieux tropicaux à saison sèche relativement accentuée, soit à des formations herbeuses occupant parfois des régions humides (llanos de l’Orénoque) ou relativement sèches (pampas du Parana) ; les milieux tempérés aux multiples nuances favorisant tantôt la forêt caducifoliée ou résineuse, tantôt la prairie (partie centrale du bassin du Mississippi) ou la steppe (bassins des fleuves sibériens). Vers les latitudes élevées, la forêt de résineux ou la steppe font progressivement place à des formations arborescentes basses puis à la toundra caractérisée par la présence de lichens et enfin aux sols nus.

Les agents de l’érosion varient selon le même principe de zonalité. La zone humide et chaude favorise l’érosion chimique par dissolution des roches calcaires, des micas et d’une majorité de feldspaths, ce qui a pour contrepartie l’atténuation des processus d’érosion mécanique ; ceux-ci sont particulièrement violents dans les régions tropicales soumises à l’alternance de longues saisons sèches et de brèves saisons humides et chaudes ; la zone tempérée serait en théorie soustraite – en dehors des régions montagneuses ou des zones de relief accidenté – aux processus chimiques (faible agressivité des eaux) et mécaniques (couverture végétale continue . n’étaient l’intensité des défrichements et la présence de matériel mobilisable hérité de séquences paléoclimatiques ; enfin, les zones exposées aux alternances multiples de gel et de dégel ou à de longues périodes de gel intense, sont soumises à des processus érosifs originaux, cryoturbation et solifluction ; à cela s’ajoute l’ensemble des processus caractéristiques de la morphologie glaciaire, roches rabotées des vieilles plates-formes, auges des montagnes de type alpin, accumulations morainiques remaniées par les eaux et le vent au niveau des avant-pays glaciaires.


L’ensemble de ces processus peut être regroupé dans deux catégories dominantes : les processus rhéostatiques caractéristiques des longes phases de stabilité climatique, correspondant le plus souvent aux zones à couverture végétale dense avec prédominance de l’érosion chimique sur l’érosion mécanique ; les processus rhéostatiques caractéristiques des phases de changement climatique ou correspondant aux zones à la couverture végétale discontinue et soumises à l’alternance de saisons contrastées, que le contraste soit d’ordre thermique ou pluviométrique.

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