Le temps du groupe : Cherche à comprendre le destin

> > Le temps du groupe : Cherche à comprendre le destin ; écrit le: 14 juillet 2013 par imen modifié le 7 janvier 2019

Le destin

Au niveau du vivant, les choses peuvent paraître plus claires, car le temps semble bien irréversible. Mais ici encore, il faut déchanter : les évolutionnistes montrent, à l’aide d’exemples très précis, puisés dans les fossiles qu’ils étudient, qu’il est impossible de prévoir l’avenir du monde vivant. L’évolution, on l’a vu, n’a pas de but, pas de projet, son avenir est donc, comme l’a été son passé, entièrement livré au hasard. On voit mal pourquoi le destin de l’homme échapperait à cette incertitude qui gouverne l’ensemble du monde vivant : le futur de l’espèce humaine est donc complètement hasardeux. Il en est d’ailleurs de même en ce qui concerne chaque individu : deux parents ont beau connaître parfaitement leurs propres caractéristiques, ils ne pourront jamais savoir ce que seront celles de leur enfant, car elles devront tout au hasard de la combinaison des hérédités du père et de la mère, lors de la conception.
Mais, individuellement, l’homme n’a que faire de ces lois de la physique ou de la biologie. Ce qui lui importe c’est de savoir ce qu’il deviendra, lui. C’est pourquoi les hommes de toutes les époques ont cherché à connaître leur destin. Les efforts pour prévoir le futur figurent parmi les plus anciennes pratiques de l’humanité, parallèles à celles consistant à se souvenir du passé. On l’a vu : chez le jeune enfant, les préoccupations quant à l’avenir priment toujours sur celles relatives au passé, il s’intéresse plus à son devenir qu’à son histoire, trop récente. Prévoir l’avenir, c’était, pour les hommes d’avant la science, chercher à se garantir contre l’angoisse que suscitait l’incertitude fondamentale résultant des trop nombreuses inconnues d’un monde qu’ils ne savaient ni expliquer ni comprendre. C’était une façon d’apporter une réponse aux mystères d’un environnement impossible à déchiffrer. « Toutes les sciences humaines sont accessibles à l’intelligence, disait déjà Socrate, mais ce qu’elles ont de plus important, les dieux se les réservent et les hommes n’y voient que ténèbres. »
Il en était de même au niveau du groupe. Dans beaucoup de civilisations anciennes, cette quête du destin s’est donc faite à toutes les époques, avec les moyens dont disposaient alors les hommes, c’est-à-dire essentiellement des pratiques magiques. Chez les Romains ou les Grecs, on n’entreprenait certains actes à conséquence grave, qui engageaient l’avenir de la communauté, comme le déclenchement d’une guerre, qu’à certaines périodes, bien précises, marquées par des rites, et après avoir consulté les oracles, les devins. Leur verdict était fondé sur ce que nous appelons aujourd’hui des techniques magiques, car elles ressortissent de pratiques que nous baptisons « paranormales », comme la voyance ou l’astrologie, qui se placent en dehors de la sacro-sainte science rationaliste. Elles se caractérisent, entre autres choses, par leur caractère non démontrable, par leur fantaisie, mais aussi par leur développement dans une distorsion du temps : leur déroulement n’est jamais le même, jamais homogène, la durée y est discontinue et souvent imprévisible.
Ces techniques de prévisions de l’avenir forment pourtant une très ancienne pratique de l’humanité, et si notre époque de grande rationalité scientifique les tiennent en piètre estime, il ne faut pas oublier qu’elles ont sous-tendu pendant des millénaires la pensée des hommes, et qu’il en reste forcément quelque chose dans notre subconscient. Chamans, prêtres, astrologues ou astronomes – ce fut longtemps le même personnage, l’observation des astres formant un élément important dans ces prévisions et autres spécialistes dans le déchiffrement du futur, ont dû apparaître très tôt dans l’histoire de l’humanité. Ils étaient non seulement des devins, mais aussi les intermédiaires obligés entre le monde quotidien et ce monde obscur, inquiétant, de l’au-delà, celui des morts, des esprits, des dieux et des démons, que les anciens voyaient souvent réincarnés dans des animaux, d’où l’importance des chamans dans les pratiques de chasse. Les chamans devaient avoir une relation particulière avec des phénomènes essentiels, dont la mort. Ils vivaient des expériences singulières, dont l’une, pour ceux de l’Asie, ou des Eskimos, consistait à contempler leur propre squelette, ce qui revenait, explique Mircea Eliade, à abolir le temps, en se trouvant devant la source éternelle de la vie, les os représentant pour ces peuples chasseurs, la quintessence de la vie. Pour augmenter leur pourvoir, ces devins ont dû accroître la part de mystère qui entourait les inconnues du monde visible, ils ont inventé des rites, des symboles, des interdits. Leur rôle a dû devenir rapidement essentiel. Ils étaient, pour nos lointains ancêtres, ce que sont pour nous les prêtres, les voyantes ou les psychanalystes. Ils ont sans doute épargné aux hommes de la préhistoire les angoisses, le désespoir, voire la folie qui guettent ceux qui se heurtent sans comprendre aux hauts murs du surnaturel.

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