Les lieux du fleuve : Affluents et confluents
Un affluent est un cours d’eau qui se jette dans un autre, et le confluent est le lieu précis où deux cours d’eau se rejoignent. Ces deux notions décrivent l’organisation d’un réseau hydrographique : de la plus petite source jusqu’à l’embouchure, chaque rivière reçoit des eaux venues d’ailleurs et les transmet plus loin. Comprendre affluents et confluents, c’est comprendre comment un fleuve se construit tout au long de son parcours.
Affluent, confluent, confluence : les définitions
L’affluent est le cours d’eau secondaire qui apporte ses eaux à un cours d’eau principal. Le mot confluent désigne le point de rencontre ; le terme confluence s’emploie à la fois pour ce lieu et pour le phénomène de réunion des eaux. On parle aussi de sous-affluent pour une rivière qui se jette dans un affluent.
L’ensemble des terres dont les eaux de ruissellement rejoignent un même cours d’eau forme son bassin versant. Chaque affluent draine son propre bassin, emboîté dans celui du fleuve. Pour classer les cours d’eau d’un réseau, les hydrologues utilisent notamment l’ordre de Strahler : deux ruisseaux de même rang qui se rejoignent donnent un cours d’eau de rang supérieur.
Un affluent n’est pas toujours plus petit que le fleuve
Le terme d’affluent suggère une subordination, mais elle relève souvent de la convention. Le nom conservé après un confluent n’est pas forcément celui du cours d’eau le plus long ou le plus abondant. À Montereau, l’Yonne apporte davantage d’eau que la Seine, qui garde pourtant son nom. Aux États-Unis, le Missouri est plus long que le Mississippi en amont de leur confluence, et il reste pourtant considéré comme son affluent.
Certains affluents rivalisent avec les plus grands fleuves du monde : le Rio Negro, affluent de l’Amazone, figure parmi les cours d’eau les plus puissants de la planète.
Ce qui se passe au confluent
Deux cours d’eau qui se rencontrent n’ont ni la même pente, ni le même débit, ni la même charge en sédiments. Leurs eaux mettent parfois longtemps à se mélanger. Près de Manaus, les eaux sombres et acides du Rio Negro et les eaux claires et chargées de limons du Solimões coulent côte à côte sur plusieurs kilomètres : c’est la célèbre « rencontre des eaux ».
La zone de confluence est aussi un espace instable. Le ralentissement du courant provoque des dépôts d’alluvions qui forment des bancs, des îles basses et des bras secondaires. Un affluent en crue peut repousser le courant du fleuve vers la rive opposée, comme le font les crues violentes de l’Ardèche lorsqu’elle rejoint le Rhône.
Les confluents, des lieux habités
Les confluents ont attiré très tôt les hommes : ils offrent des voies de navigation dans plusieurs directions et des terres alluviales fertiles. De nombreuses villes y sont nées :
- Lyon, au confluent du Rhône et de la Saône, dont un quartier porte le nom de Confluence ;
- Coblence, en Allemagne, dont le nom vient du latin Confluentes, à la rencontre du Rhin et de la Moselle ;
- Belgrade, où la Save rejoint le Danube ;
- Khartoum, au point de jonction du Nil Blanc et du Nil Bleu.
À l’inverse, près de son embouchure, un fleuve peut se diviser en plusieurs bras appelés défluents, qui dessinent un delta.


2 réponses pour "Les lieux du fleuve : Affluents et confluents"
Que veut dire l’expression « tous les fleuves ont leurs affluents »
Nous descendons tous d’un même créateur…
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