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Les papiers du monde

Vous êtes ici : » » Les papiers du monde ; écrit le: 8 mai 2012 par chiraz modifié le 14 novembre 2014

Les papiers du mondeLes papiers du monde

L’importance du papier dans le monde entier et la diversité des matériaux qui le composent pourraient faire l’objet d’un grand développement (cela a déjà été fait dans d’autres ouvrages, voir la bibliographie). Nous nous limitons ici à quelques exemples choisis, sans aucune volonté d’exhaustivité.

On ne peut passer sous silence l’importance du papier en Chine, déjà évoquée. Les textes anciens confirment l’utilisation de plusieurs types de fibres : le chanvre, employé depuis les origines, le jute, le lin, la ramie ou ortie de Chine, le mûrier, le bambou.



Ces fibres sont importantes pour l’industrie textile.

Souvent, d’autres fibres ou substances sont mêlées dans les pâtes pour ajouter finesse, résistance et lustre.

Ce sont, par exemple, le rotin, l’hibiscus (pour la qualité de ses mucilages), des mousses, des algues… Le Japon est un pays où l’arrivée du papier est particulièrement marquante. Importé de Chine au vIe ou vne siècle, selon les sources, par l’intermédiaire de prêtres et de moines, le papier japonais ou washi (de wa, «Japon» et shi,

« papier ») a un caractère quasi sacré. Même si l’origine en est chinoise, la tradition attribue l’invention du papier à une divinité, la déesse Gozen. Apparue sous forme d’une très belle femme à des villageois au bord d’une rivière blanche, elle ôte son kimono et le trempe dans la rivière, enseignant ainsi le geste du papetier ,  trempant le tamis dans la pâte.

Le washi est constitué de plusieurs sortes de fibres À parmi lesquelles les plus courantes sont le kozo, nom japonais du mûrier à papier (Broussonetia papyfera) et l’asa, nom japonais du chanvre (Cannabis sativa L.j).

Utilisé seul pour certains papiers de décoration, le kozo, grâce à ses fibres très longues, fournit un papier de cou­leur blanche, très aérien mais en même temps très solide. Le kozo, fibre reine des papiers orientaux, est aussi largement employé dans la confection des papiers de calligraphie, d’estampes et pour les cloisons coulis- sairtes. Il est parfois associé à une autre variété (Broussonetia kazinoki) dont les fibres sont plus courtes et moins performantes. Le chanvre, très utilisé dans les temps anciens, est encore d’usage pour les papiers des­tinés aux peintres ou, en mélange avec le kozo, pour cer­tains papiers de décoration.

Parmi les autres fibres qui composent les papiers japonais, le gampi a des fibres extrêmement fines et longues; utilisé sans cuisson, elles donnent au papier douceur et lustre. Cet arbuste sauvage est malheureu­sement devenu rare. Citons aussi le mitsumata (Edgeworthia papyfera), découvert beaucoup plus tardi­vement, et dont les fibres courtes et souples de l’écorce donnent au papier une grande flexibilité, favorable à certains usages (les billets de banque japonais par exemple). Souvent, des mucilages d’hibiscus sont ajou­tés à la pâte, ce qui la rend plus visqueuse et empêche l’agrégation des fibres et, une fois les feuilles réalisées, empêche le collage entre elles. Les papiers japonais ont des qualités exceptionnelles qui autorisent leur utilisa­tion en architecture (cloisons de papier, mobilier, lampes), en cuisine, en composition florale, en hygiène (vêtements, mouchoirs), en objets ludiques (lanternes, cerfs- volants, ombrelles, papiers pliés ou ori­gami), en emballages.

Nombreux sont les autres pays d’Extrême-Orient réputés pour leurs papiers. Ainsi, en Thaïlande le papier est connu sous le nom de saa, du nom thaï du mûrier à papier. L’arbuste est très largement exploité pour la papeterie et même exporté; la déforestation actuelle des mûriers thaïlandais prend, semble-t-il, des proportions inquiétantes. D’abord support d’écri­ture, le saa est prisé pour la confection de parapluies dont la surface est enduite d’une laque brillamment colo­rée et décorée.

Le contenu d’un magasin thaï témoigne de la variété des usages du papier pour la décoration et la fabrication d’objets utilitaires (lanternes, papiers d’emballage, lampes, livres, etc.).

Le Népal propose aussi toute une gamme de papiers parmi lesquels le lokta, fait des fibres de l’écorce d’arbus­tes des genres Edgeworthia ou Daphne. Aux Philippines, l’abaca ou chanvre de Manille, est utilisé pour la fabrication du papier, en plus de ses propriétés textiles. Les fibres sont obtenues à partir de la base des feuilles, mises à bouil­lir dans un environnement alcalin, et utilisées soit seules, soit mélangées à d’autres fibres (riz, nénuphar, ananas) ou à des débris cellulaires, donnant des papiers très originaux.

À Madagascar, une tradition, très exploitée pour le tourisme, consiste à fabriquer des papiers avec des inclusions végétales et surtout florales pour la décoration et pour d’autres usages plus utilitaires . Le plus souvent ces papiers sont faits à partir d’Edgeworthia papy- fera, c’est-à-dire l’équivalent du mitsu- mata des Japonais.

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