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Technique sociales et rapport des groupes à l’environnement

Vous êtes ici : » » Technique sociales et rapport des groupes à l’environnement ; écrit le: 9 mai 2012 par Samouha modifié le 14 novembre 2014

Relations des groupes à l’environnement et droit foncierTechnique sociales et rapport des groupes à l'environnement

Les transformations qu’impliquent la mise en exploitation des ressources, les aménagements nécessaires pour rendre certains lieux habitables et pour accueillir des ateliers, des manufactures, etc., diversifient et spécialisent l’espace : les milieux humanisés juxtaposent des aires conçues pour la vie personnelle ou familiale et d’autres qui sont faites pour les activités de groupe. La peine que l’on a pris à labourer et à semer un champ est perdue si des bêtes viennent y pâturer ou si les gens le piétinent. Les surfaces aménagées et les bâtiments demandent de l’entretien : celui-ci n’est correctement assuré que si ceux qui l’assument savent que leur effort ne sera pas gâché.

Les techniques qui permettent de structurer les sociétés et de leur conférer une architecture spatiale ne concernent pas exclusivement les relations que les hommes entretiennent entre eux. Elles visent également les conditions d’utilisation de chaque portion de l’environnement: elles définissent des droits de propriété ou d’usage.



La vie familiale, la production et l’échange se déroulent dans des environnements spécialisés. Ceux-ci ont besoin d’être délimités et protégés des perturbations qui interdiraient d’en faire le meilleur emploi. L’attribution aux individus ou aux familles du droit à un usage privatif de leurs maisons ou de leurs appartements répond à cela, alors que les bâtiments publics, les espaces de circulation et les zones laissées à l’état de nature sont gérés par la collectivité.

Les sociétés de chasseurs-cueilleurs peuvent se contenter d’un droit d’usage collectif, plutôt lié aux ressources qu’aux terres elles-mêmes d’ailleurs. Les nomades éleveurs sont attachés à la propriété de leur bétail, et non à celle des vastes pâturages. Les techniques d’agriculture sur brûlis ne demandent que quelques années de contrôle sur le champ défriché et planté (Sautter, 1968).

Avec l’agriculture sédentaire et l’urbanisation, la parcelle n’est plus un simple support. Elle s’enrichit du travail accompli pour ameublir, amender, standardiser et aménager le sol. À exiger le retour des terres au pot commun, on découragerait
les initiatives et le travail de chacun.

Pour arriver à une intensification plus grande des utilisations du sol, les droits individuels doivent être renforcés. La transmission des biens aux générations suivantes y pourvoit.

Pour assurer une exploitation satisfaisante des terres en système intensif, on peut aussi les confier à des organismes collectifs soumis à une logique d’entreprise — coopérative, kibboutz, kolkhoze. Sur le papier, propriété privée et propriété socialisée sont alors équivalents. L’exemple soviétique montre qu’il y a parfois loin des principes aux réalités.

La double nature du droit foncier

Les systèmes fonciers répondent à une logique fonctionnelle. L’appropriation a également une racine religieuse et symbolique : assurer la continuité du culte îles ancêtres dans le cas de la propriété privée, par exemple.

Les valeurs investies par les collectivités dans tel ou tel système juridique gênent parfois les évolutions ou les interdisent. Au Mexique (Cambrésy, 1994) et dans d’autres pays d’Amérique centrale ou andine les communautés indiennes ou métisses ont toujours refusé de renoncer au contrôle collectif des terroirs qui les font vivre. Elles n’ont pu maintenir vivants ces usages, dans un système occidental qui privilégie la propriété individuelle, qu’en faisant allégeance à des protecteurs : grands propriétaires jusqu’au début du xxe siècle, Parti Révolutionnaire Institutionnalisé mexicain et syndicats qui en émanent depuis les années 1920. Les populations paysannes troquent ainsi leur liberté contre la relative sécurité que leur donne le contrôle collectif.

Les systèmes fonciers reflètent à la fois les exigences fonctionnelles qu’implique toute mise en valeur, l’idée que les groupes se font d’eux-mêmes et les idéaux qu’ils professent : ils se trouvent à l’intersection des marquages symboliques que nous évoquions au chapitre précédent et des impératifs utilitaires. C’est pour cela qu’ils sont si complexes et offrent parfois tant de résistance au changement.

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