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Le management vert

Vous êtes ici : » » Le management vert ; écrit le: 19 avril 2012 par lilia modifié le 14 novembre 2014

Le management vertLe management vert

Il en va de l’entreprise comme de la forêt ou de la mer. A vouloir la défendre ou l’attaquer, à vouloir l’opposer comme écosystème indus­triel à un écosystème nature, on oublie trop facilement qu’il s’agit d’un même écosystème, qu’il faudra désormais gérer de façon responsable. Vouloir introduire un distinguo subtil entre écosystème de la matière vivante et écosystèmes de la matière inerte n’est pas plus défendable.

Actuellement, le secteur industriel au développement le plus rapide est constitué par les biotechnologies, dont l’une des premières techniques, la fermentation, a été observée à l’état naturel il y a quelques milliers d’années. Personne ne niera que dans ce secteur économique l’écosystème doit être géré de façon particulièrement responsable.



La conscience de la co-responsabilité du chef d’entreprise, cadre supérieur ou patron de PME-PMI face à l’environnement, n’a émergé, comme pour toutes les autres couches ou groupes de population, que lorsque collectivement, sous l’impulsion de quelques précurseurs l’idée selon laquelle nous ne vivons pas dans un écosystème à ressources illimitées s’est imposée comme un fait universel. Le chef d’entreprise, dont les efforts et l’intelligence sont concentrés sur une mini-parcelle de l’écosystème, à savoir sa propre entreprise, a besoin d’outils et de méthodes pour pouvoir assumer cette responsabilité. Ces outils et méthodes concernent son métier, dans ses aspects techniques, mais aussi financiers, commerciaux, humains, administratifs, etc.

Si l’on enregistre très souvent des réticences, de la part des chefs d’entreprise, à prendre en compte le facteur environnement dans la gestion, c’est essentiellement pour les deux raisons suivantes.

Premièrement, maintenir la fiction d’un écosystème nature par rapport à un écosystème industriel, induit nécessairement la notion d’opposition, d’où une dialectique entre attaque et défense, dans laquelle le chef d’entreprise – pourtant citoyen responsable comme les autres – prendra parti pour l’écosystème industriel. Il est par conséquent logique qu’il considère l’autre écosystème comme l’affaire des autres.

La prise de conscience que nous trouvons tous dans un seul écosystème, avec des segments d’une complexité et d’une variété extrêmement riches, émerge lentement depuis quelques années. La dialectique attaque-défense entre les industriels pollueurs et les défenseurs de la nature risque d’avoir la vie dure, ce qui fera hésiter le chef d’entreprise : intégrer le facteur environnement dans sa gestion autrement que contraint et forcé par le législateur et les règlements. D’où raidissement de l’attitude des industriels pollueurs et des défenseurs de la nature, d’où des réticences encore plus grandes du chef d’entreprise… et le cercle vicieux, qui mène à la négation rationalisante ou à la thérapeutique honteuse décrites dans l’introduction, se ferme.

Une deuxième raison, plus directe, est que le chef d’entreprise, homme ou femme de terrain, a besoin, pour sa gestion, d’outils, de méthodes, d’une formation applicables à ce terrain. La seule formation – hormis quelques exceptions en risk-management et en information sur les normes – et les seuls outils dont il peut disposer en France (et les autres pays de l’Union européenne ne sont pas mieux nantis) proviennent des sciences de la vie et de leurs techniques appliquées, ce qui ne correspond pas du tout à son besoin.

Pour le patron d’une PME de mécano-soudure dans la Loire, il est serres utile pour sa culture personnelle de savoir quels sont les mécanismes expliquant le trou d’ozone dans l’atmosphère, ou encore le rôle des castors dans l’équilibre du bassin du Rhône, mais il pourrait certainement mieux contribuer à une gestion responsable de l’environnement si quelqu’un lui enseignait la technique de traitement de surfaces qui a le moins d’impact sur l’environnement, comment en calculer le ratio qualité/prix et en amortir l’investissement dans son bilan, en quoi il serait en avance ou en retard sur la future jurisprudence et comment il pourrait en tirer parti comme argument commercial.

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