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La pollution de l’air n’a pas de frontière

Vous êtes ici : » » La pollution de l’air n’a pas de frontière ; écrit le: 26 janvier 2012 par Mahfoudhi modifié le 17 novembre 2014

L’ozone et l’effet de serre

Qu’est-ce que l’effet de serre ?

L’émission de produits nocifs n’est malheureusement pas la seule source de pollution préoccupante. Certains gaz émis par l’activité hu­maine sont des constituants naturels de l’atmosphère. Ils sont sans danger pour la santé, mais l’augmentation de leur proportion dans l’atmosphère aura des conséquences sur les climats et les conditions de vie à la surface de la planète. L’impact de l’homme est notamment important sur les gaz à effet de serre. Le C02 et le méthane existent naturellement dans l’air. Malgré leur faible concentration, ils partici­pent de façon importante à l’effet de serre. Aujourd’hui, la production énergétique basée sur le pétrole et le charbon, libère de plus en plus de C02 et l’élevage intensif des ruminants entraîne un accroissement de la production de méthane. À ces gaz naturels s’ajoute l’effet des CFC (chlorofluorocarbone) qui ont été abondamment utilisés dans l’industrie du froid, des bombes aérosols et des mousses plastiques et qui ont une durée de vie très longue.

Les conséquences sur les climats

On estime que l’augmentation des concentrations de ces gaz provo­quera à terme une élévation de la température moyenne sur Terre de 3 à 6 “C. Et il est actuellement impossible de prévoir précisément com­ment cela se traduira du point de vue climatique. Y aura-t-il plus de déserts ? Où se situeront les zones fertiles ? Dans quelle proportion les glaciers fonderont-ils ? Dans quelle proportion l’eau des océans va-t- elle se dilater ? Actuellement, on ne sait pas évaluer de quelle hauteur s’élèvera le niveau des océans. Mais le phénomène a déjà commencé et l’impact sur les populations sera considérable. De nombreuses îles du Pacifique sont désormais fréquemment inondées et commencent à évacuer leurs habitants.

On le voit, les conséquences du réchauffement climatique sont extrê­mement préoccupantes d’un point de vue écologique, économique et agricole. Il paraît évident qu’elles modifieront la capacité des hommes à subvenir à leurs besoins.

Les conséquences sur la santé De plus, le changement climatique aura aussi un impact direct sur la santé en favorisant la migration des maladies tropicales comme la fiè­vre jaune, la dingue, la cécité des rivières, la maladie du sommeil, vers les plus grandes latitudes. En effet, leurs vecteurs, qui sont des insec­tes, ne manqueront pas de conquérir de nouveaux territoires dès que les conditions climatiques le permettront. Actuellement, ces maladies concernent 45 % de la population mondiale et l’OMS prévoit une aug­mentation à 60 % du seul fait du changement climatique. Le paludis­me n’est plus très loin de Paris ! Il est même présent à Roissy, mais pour le moment les moustiques qui le transmettent ne survivent pas à notre climat, mais pour combien de temps encore ? Et outre-Atlan- tique, on a assisté ces dernières années à une migration préoccupante du virus du Nil occidental vers le Nord, et ce jusqu’au Canada.

Les accords de Kyoto

Des mesures internationales ont été prises essentiellement par les pays riches. Des accords sur la réduction des émissions des gaz à effet de serre ont été signés, ce sont les fameux accords de Kyoto. Ils ont été signés en 1997 par 180 pays et 38 pays industrialisés se sont engagés à réduire leurs émissions de C02 à des niveaux inférieurs de 5 % à ceux de 1990. Mais ils ne font pas l’unanimité, et les États-Unis ne les ont pas ratifiés, alors qu’ils sont pourtant les premiers pollueurs de la planète. Il est vrai que l’exigence de ces accords est bien en dessous de ce qui est réellement nécessaire pour enrayer le phénomène de chan­gement climatique. Mais ils témoignent cependant d’une certaine pri­se de conscience à défaut de prendre toute la mesure du problème majeur à venir.



Le « trou » de la couche d’ozone

• De quoi s’agit-il ?

Un autre exemple de pollution globale est le fameux trou de la couche d’ozone. Il faut cependant rappeler que ce trou n’en est pas un. Il s’agit d’une diminution importante de la concentration d’ozone de la stratosphère observée au-dessus de l’Antarctique et des régions pro­ches. Une diminution saisonnière naturelle se produit tous les ans en fin d’hiver et au début du printemps austral. Mais dans les années 80, on a constaté un élargissement régulier de sa surface et une diminu­tion de son épaisseur. Cette destruction de l’ozone est due à l’action de molécules chlorées, les CFC, produites par l’industrie et utilisées pendant de nombreuses années dans les bombes aérosols, les machi­nes frigorifiques et dans la production de certaines mousses. Nous les avons tous utilisées et avons tous participé à la destruction du seul fil­tre qui nous protège des UV émis par le soleil. Les CFC ont une durée de vie longue de plusieurs dizaines d’années. Légères, elles rejoignent facilement la stratosphère et réagissent avec l’ozone et le détruisent. On sait aujourd’hui que la vie à la surface de la Terre n’a été possible qu’à partir de l’existence de la couche d’ozone, il y a 500 millions d’an­nées. Elle estle fruit de 4 milliards d’années de soubresauts géologiques et d’évolution biologique et nous avons mis à peine 50 ans à l’entamer sérieusement !

Des mesures ont été prises à partir de 1987 (Convention de Vienne et Protocole de Montréal), pour tenter d’enrayer le phénomène. Aujourd’hui, la production de CFC est abandonnée dans les pays occi­dentaux (en 2010 dans tous les pays). Depuis, on a constaté un ralen­tissement de l’augmentation de la destruction de l’ozone stratosphérique. Son rythme qui était de l’ordre de 8 % par décennie avant 1997 est passé à 4 % entre 1997 et 2002. Et il faudra encore at­tendre 2050 pour que la destruction cesse et espérer un retour à la normale. En attendant le « trou » est toujours là, et il n’est pas sans ré­percussion sur la santé des populations vivant en dessous.

• Les risques sur la santé Chili, Argentine, Nouvelle-Zélande, Australie sont concernés soit ré­gulièrement soit épisodiquement. Le risque est réel puisque le déficit de filtration des UV peut atteindre 50 % (septembre 2003). En Patago­nie, on a constaté ces vingt dernières années une forte augmentation des cancers de la peau et des problèmes de cataractes. Aujourd’hui, les bulletins météo incluent un indice UV, pour permettre à la popu­lation de se prémunir contre le rayonnement solaire. Un programme d’éducation dans les écoles a aussi été mis en place pour apprendre aux enfants à se méfier du soleil et surtout à prendre les dispositions nécessaires en fonction de l’indice UV. L’utilisation de la crème solai­re, le port du chapeau et des lunettes de soleil sont devenus indispen­sables dans ces régions, et bien sûr une exposition limitée pendant les périodes de risque est nécessaire.

L’air est en mouvement permanent autour de la Terre et il est suscep­tible, par le jeu des courants aériens et des phénomènes météorologi­ques, de déplacer les pollutions d’une région à une autre et d’en provoquer le transfert vers l’eau et le sol.

Vidéo: La pollution de l’air n’a pas de frontière

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