Une monté des eaux

> > Une monté des eaux ; écrit le: 14 mai 2012 par imen modifié le 14 novembre 2014

Une monté des eaux

Si la température augmente, les glaces peuvent se mettre à fondre et alimenter ainsi l’océan en eau douce. La fonte de la banquise ne modifiera en rien le niveau des mers car, selon le principe d’Archi- mède, la glace occupe dans l’eau exactement le volume qu’elle aurait une fois fondue. Pour la même raison, la disparition des glaçons dans un verre rempli à ras bord n’entraîne pas de déborde­ment, contrairement à ce que suggère l’intuition. Mais il n’en est pas de même pour les glaces por­tées par les continents, glaciers de montagne ou calottes polaires. Leur fonte alimente les fleuves et rivières qui se déversent ensuite dans les océans. De plus, l’élévation du niveau de la mer peut accélérer la formation d’icebergs qui contribuent également à l’augmentation du volume d’eau des océans. L’eau qui résulterait de la fonte de la totalité des glaces stockées sur le continent antarctique, répan­due uniformément sur la surface des océans, élève­rait le niveau des mers de 70 mètres. En comparai­son, la fonte des glaces du Groenland entraînerait une élévation de 7 mètres, celle des glaciers de montagne une hausse de 35 centimètres seulement. Mais nous sommes loin de craindre des scénarios aussi catastrophiques.

Même si le réchauffement devait atteindre une dizaine de degrés aux hautes latitudes, le thermo­mètre resterait bien en-deçà du seuil critique de fonte de la glace sur la majeure partie du continent antarctique, où régnent actuellement des tempéra­tures de -20 °C sur la côte et -50 °C à l’intérieur des terres. Bien au contraire, il est fort probable que le réchauffement serait accompagné de précipi­tations de neige plus abondantes sur l’Antarctique. La calotte glaciaire, loin de fondre, se mettrait alors à prendre du volume. Cette neige supplémen­taire provenant essentiellement de l’évaporation des océans, abaisserait le niveau des mers d’autant. A plus long terme, par contre, à l’échéance de quelques siècles, le risque d’une débâcle partielle de la calotte antarctique ne pourrait être complète­ment écarté. En particulier, la déstabilisation de la façade du continent antarctique tournée vers l’Amérique est souvent évoquée. Reposant en grande partie sous le niveau de la mer, elle pourrait être plus sensible à un réchauffement persistant. Les glaces pourraient se mettre à glisser sur le sol sous-jacent, qui présente peu de reliefs pour les retenir, et déverser d’énormes icebergs dans les mers australes, causant une élévation de 5 mètres du niveau de mers, de quoi recouvrir de nom­breuses régions habitées. Quoi qu’il en soit, il reste difficile de prévoir si un tel scénario est fortement probable ou non dans le futur et quand il pourrait advenir car nos connaissances de la dynamique des glaces sont encore très limitées.

Au cours des prochaines décennies, les glaciers de montagne et les glaces bordant la calotte groenlan- daise sont davantage susceptibles de fondre. Mais ce processus n’est pas le seul mis en cause dans le risque d’une montée des eaux, car s’y ajoute l’ex­pansion thermique des océans. En effet, la densité de l’eau de mer diminue lorsque la température augmente : à masse d’eau égale, le volume des océans doit donc augmenter si le climat se réchauffe.

Au total, une augmentation comprise entre 15 et 95 cm est prévisible à l’échéance de 2100» et plus probablement, on peut s’attendre à une élévation de 50 cm, phénomène somme toute assez limité, surtout si on le compare aux trois mètres d’eau par siècle qui se sont déversés dans les océans au moment où la débâcle des glaces atteignait son maximum à la fin de la dernière glaciation, il y a 10 000 ans. Néanmoins, cette augmentation tra­duirait une nette accélération par rapport au passé récent puisque le niveau de la mer a subi une hausse d’environ 10 cm au cours du dernier siècle, probablement en partie due au réchauffe­ment du climat depuis la fin du Petit Age Gla­ciaire.

Nos estimations des variations récentes du niveau des mers restent entachées d’incertitudes car nous ne disposons que d’un nombre restreint de séries complètes de mesures convenablement distribuées sur le globe. De plus, aux variations du niveau général des mers s’ajoutent de nombreux effets locaux qui biaisent les mesures : affaissement de régions côtières sous le poids des sédiments ou causé par le pompage intensif de nappes d’eau ou de pétrole, variations locales du niveau marin dues à des effets tectoniques. Nombreux sont les phénomènes qui modifient le niveau relatif des mers et par conséquent le tracé des lignes de côtes sans pour autant affecter le niveau global des océans. Le socle de la Scandinavie, par exemple, continue à remonter depuis la fonte des glaces consécutive à la fin de la dernière glaciation. Ce processus de réajustement isostatique se fait en réponse à l’enfoncement du sol provoqué par le poids des glaces. Il résulte de l’élasticité des couches plus profondes sur lesquelles reposent les continents. Dans cette région, on observe une baisse relative du niveau marin qui atteint au moins 50 cm par siècle.

La montée des eaux n’a aucune raison de cesser en 2100. Un siècle plus tard, nous risquons d’être confrontés à une élévation d’un mètre par rapport au niveau actuel. Cependant, la marge d’incerti­tude est grande : elle dépend aussi bien du rythme d’émission des gaz à effet de serre que du temps de réponse de l’océan à la perturbation induite par l’activité industrielle. Le temps de brassage des océans est en effet très long et se compte en centaines ou en milliers d’années . Même si la concentration des gaz à effet de serre était stabilisée à une valeur constante, l’océan poursuivrait son lent réchauffement pendant encore de nombreuses années.

On imagine facilement quelles conséquences aurait une montée des eaux d’un mètre par siècle. Non seulement les régions gagnées sur la mer, comme les Pays-Bas, seraient menacées mais éga­lement toutes les régions basses comme les deltas de grands fleuves, le Nil, le Niger ou le Gange, régions très peuplées en général puisque plus fer­tiles que les territoires avoisinants. Une montée des eaux de 50 cm submergerait une grande par­tie du Bangladesh et obligerait des millions de per­sonnes à délaisser les terres progressivement enva­hies par la mer. De nombreuses îles et atolls proches du niveau de la mer, sont également menacés. Le territoire des îles Maldives, par exemple, se situe à moins de deux mètres au-des­sus du niveau moyen de la mer.

Vidéo : Une monté des eaux

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