Les crèmes solaires sont-elles dangereuses ?

> > Les crèmes solaires sont-elles dangereuses ? ; écrit le: 26 janvier 2012 par Mahfoudhi

Le soleil étant la cause de la plupart des cancers de la peau, mais aussi de maladies plus bénignes telles que le coup de soleil, il est in­dispensable de s’en protéger. Cependant, attention, toutes les crèmes solaires ne sont pas inoffensives et équivalentes.

La composition des crèmes (protecteurs) solaires est en effet une question très controversée. À l’origine, le nom d’écran solaire était parfaitement justifié. Il s’agissait effectivement d’écrans composés d’argiles et de différents produits inertes, très protecteurs, mais par­faitement inesthétiques, comme l’oxyde de zinc. Puis, les fabricants ont imaginé des mélanges chimiques complexes afin de rendre les protecteurs solaires transparents, plus faciles à appliquer, plus résis­tants à l’eau et à la transpiration, et permettant une meilleure protec­tion contre les rayonnements UV, en ces temps de « trous » dans la couche d’ozone.

Nous appliquons allègrement, et pour toutes ces bonnes raisons, sur notre peau des mélanges de produits, aux effets finalement peu étu­diés, et qui peuvent parfois même s’avérer être dangereux.

Le 4-méthylbenzylidène camphor

En effet, dans certaines crèmes solaires on trouve des produits, comme le 4-méthylbenzylidène camphor, qui se comportent en quel­que sorte comme des « imposteurs » hormonaux. Ce ne sont pas à pro­prement parler des hormones, mais des expériences chez l’animal ont montré des modifications sexuelles qui permettent de penser que ces produits interfèrent dans le métabolisme des hormones sexuelles, en particulier des œstrogènes (hormones féminines). Bien sûr, ces résul­tats, dus à un groupe de recherche de Zurich, sont sujets à controver­se et sont l’objet de critiques, mais ils ont été suffisamment pris au sérieux par un certain nombre de pays, qui en ont interdit l’utilisation. Si ces travaux sont confirmés, les composés chimiques en question, comme le 4-Methylbenzylidène camphor, ne devraient jamais être utilisés chez les enfants.

Les conséquences sur l’environnement

Il faut de plus considérer leur effet sur l’environnement : des mil­liers de personnes se baignent au même moment sur les mêmes pla­ges, couvertes des mêmes crèmes anti-soleil. En conséquence, ces imposteurs hormonaux se retrouvent à concentration élevée dans l’eau, et ont des effets que l’on commence à étudier sur la reproduc­tion des poissons.

Au-delà des problèmes soulevés par ces crèmes anti-UV, ce sont des pans entiers de l’industrie des cosmétiques qui peuvent être remis en cause, car les doutes sur l’innocuité des crèmes anti-soleil sont poten­tiellement les mêmes pour les crèmes hydratantes, les crèmes anti-ri- des, les shampooings et toutes les gammes des cosmétiques modernes.

Précautions à prendre

Dans le doute, en raison de ces études sur les crèmes anti-soleil, les crèmes qui ont dans leur composition du 4-Methylbenzylidène camphor, sont à proscrire chez les femmes enceintes, les femmes qui allaitent et chez les nourrissons de moins de six mois, qui de toute fa­çon, ne doivent jamais être exposés au soleil. Quand aux enfants plus âgés, ne les laissez que fort peu de temps au soleil de midi, ou avec des vêtements, et utilisez des crèmes solaires, qui ne contiennent pas de produits passant la barrière cutanée.

L’opacité habituelle de l’information (il faut pour le moins être doc­teur en chimie pour comprendre une étiquette de crème solaire), rend toutes ces précautions parfois difficilement vérifiables, et aucune marque aujourd’hui n’offre de garantie suffisante d’innocuité. Pour­tant lire les étiquettes de cosmétiques et essayer de les comprendre est une bonne habitude à prendre, et s’avère être le plus souvent une lecture édifiante, au même titre que de déchiffrer les étiquettes des produits alimentaires.

Les maladies de l’œil

Le soleil est extrêmement dangereux pour les yeux, à tel point qu’il est impossible de regarder le soleil en face, sous peine d’aveuglement.

L’observation d’une éclipse de soleil provoque régulièrement des cen­taines de consultations et d’hospitalisations pour troubles plus ou moins graves de la vue, parfois irréversibles.

La kératite et la cataracte

Le soleil provoque des conjonctivites, des kératites (inflammation de la cornée) et, enfin, il serait responsable d’une bonne partie des ca­taractes (opacification du cristallin), qui aveuglent quelque 20 mil­lions de personnes dans le monde.

La dégénérescence maculaire liée à l’âge

Pour éviter les lésions de la rétine et du cristallin dues à l’exposi­tion au soleil, le port de lunettes et de chapeaux est fortement con­seillé surtout en région de fort éblouissement (neige, plage, mer), du fait de la réverbération des rayons lumineux qui vient s’ajouter à leur effet direct. On incrimine de plus en plus le soleil dans la dégénéres­cence maculaire liée à l’âge. Cette maladie qui apparaît chez les per­sonnes de plus de 50 ans se caractérise par la croissance de vaisseaux sanguins, le dépôt d’une plaque opaque sur la rétine, et par une aug­mentation de la pigmentation rétinienne. Le risque de dégénérescen­ce augmente de 50 % chez les personnes qui sont restées en moyenne 5 heures par jour au soleil durant leur jeunesse.

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