Les masses d’air

> > Les masses d’air ; écrit le: 27 décembre 2012 par imen modifié le 13 novembre 2014

Sur de grandes étendues, notamment au-dessus des océans et des régions continentales intérieures, température et humidité de l’air sont à peu près uniformes.

Ces portions d’atmosphère relative­ment homogène forment des masses d’air. Le jeu des anticyclones et des dépressions assure leur circulation.

Les masses d’air sur nos régions

Aucune masse d’air ne se forme sur nos régions, où les conditions sont trop variables.

En revanche, nous subissons le passage de celles venues d’ailleurs. Ces masses d’air ont des origines très diverses et sont fort différentes selon le parcours qu’elles ont suivi : les masses d’air froid, descendant des pôles, et les masses d’air chaud, montant des tro­piques, n’ont en effet pas les mêmes caractéristiques selon qu’elles ont voyagé au-dessus de l’océan ou des continents.

Un océan charge l’air d’humidité, tan­dis qu’un désert l’assèche. Mises en mouvement par les grands courants atmosphériques, les masses d’air se réchauffent ou se refroidissent, s’humidifient ou s’assèchent, et vont modifier le temps au-dessus de régions parfois éloignées.

Ainsi, le temps de l’Europe occidentale, située sous une latitude moyenne, est finalement influencé par quatre masses d’air contrastées : deux d’origine polaire et deux d’origine continentale, chacune d’elle étant à caractère mari­time ou continental.

 L’air polaire maritime

se forme au-dessus de l’océan Arctique, puis se déplace vers le sud. En passant au-des- sus des eaux plus chaudes de TAtlan­tique ou de la mer du Nord, l’air polaire se charge en vapeur d’eau, pour donner finalement un temps humide, frais et nuageux, avec parfois des averses de neige ou de grésil.

 L’air polaire continental

arrive des étendues gelées de la Sibérie. Quand il atteint l’Europe, il donne un temps très froid, mais dégagé.

L’air  tropical maritime

est cen­tré sur l’archipel des Açores, au sud de la ligne Lisbonne-New York. Il apporte en hiver un temps doux et nuageux, tandis qu’il perd son humi­dité en été pour donner de belles journées claires et ensoleillées.

m L’air tropical continental, en provenance des déserts d’Afrique du Nord et d’Arabie, apporte chaleur et sécheresse, l’été, sur la côte méditerranéenne.

L’air équatorial, dans lequel naissent les cyclones tropicaux, ne nous concerne pas car il atteint rarement nos latitudes.

Lorsque c’est – exceptionnellement- le cas, il donne lieu à de très violentes tempêtes qui correspondent à la «queue» d’un ouragan ayant repris sa course vers le nord-est : ce fut le cas d’Hortense qui, en 1983, dévasta le sud-ouest de la France.

Le temps selon le vent

Ces différentes masses d’air (aux­quelles on peut ajouter l’air arctique),arrivant des différents points cardi­naux, donnent toutes les sortes de temps que nous connaissons.

Une prévision rapide et simplifiée, reposant uniquement sur la direction du vent, peut en découler.

 Vents d’ouest ou de nord- ouest (air polaire maritime).

Lorsque l’anticyclone des Açores émet une « langue » de haute pression en direction des Alpes, il crée un flux d’ouest. Humidifié et réchauffé par son passage sur l’océan, l’air venu de l’Art- l antique Nord (juste en dessous du cercle polaire) perd sa stabilité.

Il donne alors naissance à des cumulus et à des cumulonimbus générateurs d’averses côtières violentes, accompa­gnées de coups de vent.

Sur le continent, il se stabilise un peu et donne des nuages stratiformes, qui conduisent à un mauvais temps durable avec de la bruine, surtout à la fin du printemps.

Au début de cette saison, on enregistre souvent des averses de neige, entrecou­pées de périodes douces.

Sur la Méditerranée, ces masses d’air deviennent encore plus instables, leur arrivée étant marquée par la formation de nuages sacculiformes sur les reliefs. En été, cet air devient instable dès son arrivée sur le continent, car celui-ci est alors plus chaud que l’océan.

Le temps reste cependant assez beau,quoique frais, avec une visibilité remar­quable et parfois la formation de cumulonimbus faiblement orageux.

Ce temps concerne rarement les régions méditerranéennes, mais quand c’est le cas il déclenche de violents orages.

Vents d’est et de nord-est (air polaire continental)

Issu de l’anticy­clone de Sibérie, cet air recouvre en hiver de vastes étendues, de la Scandi­navie aux Balkans.

Ses caractéristiques sont différentes selon la saison : stable en hiver, parfois instable en été. Il est en tout cas tou­jours sec.

En hiver, il donne un temps froid et un ciel bien dégagé, parsemé à l’occa­sion de petits cumulus.

La nuit, peuvent se former des brouillards de rayonnement qui se dis­sipent le jour, faisant place à un ciel bleu.

L’été, cette masse d’air apporte aussi du beau temps, avec un air doux, mais le ciel est alors un peu terne. Sur la Méditerranée, la masse d’air devient plus instable, se chargeant d’humidité, donnant des nuages cumuliformes à développement vertical, qui peuvent conduire à des averses ou des orages.

 Vent de sud ou DE SUD-EST (air tropical continental)

Centré sur l’Asie mineure, l’anticyclone qui correspond à cette masse d’air chaude et sèche donne des vents originaires des Balkans ou du Sahara, donc chauds.

Le type de temps correspondant concerne surtout le Midi de la France, et il est plus fréquent en été qu’en hiver. Sec à l’origine, l’air tropical continental se charge d’humidité en traversant la Méditerranée, provoquant des perturbations à caractère orageux sur le sud-est de la France, lorsqu’il rencontre (surtout en automne) l’air froid venu de l’Atlantique.

Au-delà de la barrière montagneuse formée par les Alpes et le Massif cen­tral, ce type de masse d’air – qui a perdu son humidité en s’élevant — est également à l’origine des effets de fœhn.

Vent DE SUD-OUEST (air tropical maritime).

Il apporte un air chaud et humide, issu de régions situées entre 30 et 40 degrés de latitude, où règne l’anticyclone des Açores.

Refroidi par la base en progressant vers le nord, cet air est devenu très stable en atteignant nos latitudes.

Comme il est saturé d’humidité par son passage sur l’océan, il se condense en brouillards et en nuages du type stratus, qui donnent de la bruine en hiver.

Ce vent provoque des brouillards sur la Manche, des averses orageuses sur le golfe de Gascogne et un temps instable sur la Méditerranée en été.

VENT DU NORD (air arctique)

Issu de l’anticyclone polaire situé sur l’Is­lande, et relié à celui des Açores par une langue de haute pression, il atteint l’Eu­rope occidentale deux jours plus tard, après être passé sur la mer de Norvège. Stable au départ, car sec et froid, cet air se charge d’humidité sur l’océan et devient de plus en plus instable, les couches inférieures se réchauffant rapidement.

On assiste alors à la formation de cumulus et de cumulonimbus généra­teurs d’orages, de grêle, d’averses de pluie ou de neige. Entre les grains, la visibilité est étonnante. Ce sont surtout les côtes de la Manche qui sont affec­tées par ce mauvais temps, car lorsqu’il atteint le continent l’air se refroidit. Le ciel est souvent clair, mais le vent et le froid persistent. Ce type de temps est très rare l’été.

Retenons, d’une façon générale, que le beau temps a pour origine une masse d’air continentale, qu’elle soit polaire ou tropicale, correspondant respective­ment à des vents d’est-nord-est et de sud-sud-est.

L’air tropical maritime (vents de sud- ouest) donne un temps assez beau, mais seulement l’été.

Le mauvais temps se forme à partir de masses d’air arctique (vent de nord) ou maritime (quelles soient polaires ou tropicales) avec des vents venant d’ouest-nord-ouest, ou du sud-ouest respectivement, mais seulement l’hiver.

Vidéo : Les masses d’air

Vidéo démonstrative pour tout savoir sur : Les masses d’air

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