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Organisation écologistes et oligarchie financière

Vous êtes ici : » » Organisation écologistes et oligarchie financière ; écrit le: 21 mai 2012 par Samouha modifié le 14 novembre 2014

Organisation écologistes et oligarchie financière

Organisation écologistes et oligarchie financière

Voyons aussi les relations étroites qui, très curieuse­ment, unissent l’oligarchie politico-financière et certaines grandes organisations écologistes. Il existe dans le monde un certain nombre de « clubs » ou de « groupes » qui ras­semblent, de manière informelle, des dirigeants d’entre­prises, de grands commis des États les plus riches, des technocrates de haut niveau de responsabilité et des hom­mes politiques. Leur réflexion est toujours libérale et supranationale. Je retiendrai trois exemples seulement.



Le « Club de Rome » a été fondé par Aurelio Peccei (1908-1984) en 1968. Aurelio Peccei était à l’époque diri­geant d’une filiale de Fiat ; le club fut cofondé avec Alexan- der King, alors directeur général des affaires scientifiques à l’OCDE. Il s’agissait de « réfléchir aux grands problèmes mondiaux ». Le premier rapport au Club de Rome ( « Halte à la croissance » ) fut financé par la fondation Volkswagen. Aurelio Peccei fut membre du conseil de l’association écologiste « Friends of Earth » ( « Les amis de la Terre » ).

Le « Groupe de Bilderberg » a été fondé par en 1954 par le prince Bemhard des Pays-Bas et David Rockfeller à l’hôtel Bilderberg (Oosterbeek, Pays-Bas). Il s’agit d’un très puissant réseau international d’influences qui se situe bien au-delà des clivages politiques : il rassemble des « libé­raux » de gauche comme de droite. À titre d’exemple, et pour la France seulement, il rassemble ou a rassemblé des responsables politiques (Laurent Fabius, Loïc Le Floch- Prigent, Lionel Jospin, Pascal Lamy, Michel Noir, Domi­nique Strauss-Kahn, Dominique de Villepin, Jean-François Copé, Valéry Giscard d’Estaing, etc.), de l’économie (Louis Schweitzer, Ernest Antoine Seillières, Antoine Riboud), de la finance (Jean-Claude Trichet), des médias (Bernard Guetta, Claude Imbert, Eric Le Boucher, Alexandre Adler), ainsi que des militaires, des scientifiques et des universitaires. Le prince Bemhard de Hollande, fon­dateur du Groupe de Bilderberg fut également cofondateur et président du wwf.

Le forum économique de Davos (World Economie Forum) rassemble les personnalités « libérales » les plus puissantes et riches de la planète. Comme pour le groupe de Bilderberg, le critère d’admission se situe au niveau du pouvoir, de la richesse et de l’influence économique, poli­tique ou médiatique. Chaque année, à la fin janvier, le « World Economie Forum » a lieu à Davos, en Suisse. Maurice Strong, qui fut secrétaire général de la Conférence

de Stockholm en 1972 et qui dirigea le Sommet de la Terre (cnued) en 1992 à Rio de Janeiro, est coprésident du Forum de Davos. Il a également été vice-président de wwf International et membre du conseil de l’organisation « Friends of Earth » ( « Les Amis de la Terre » ).

Les membres du Forum de Davos sont si sûrs d’eux qu’il leur est arrivé une mésaventure en janvier 2004 : ils ont invité le plasticien brésilien d’origine polonaise Frans Krajc- berg. Depuis 1956, bien avant que cela soit à la mode, Krajcberg se battait au péril de sa vie pour la défense de la forêt amazonienne. Voici quelques extraits de son discours de Davos : « Votre pouvoir économique ignore la logique du temps, des Indiens et de la forêt. Il veut une rentabilité immédiate et à court terme. Le “retour sur investissements” doit se faire dans les cinq ans. Or, Messieurs les “Maîtres du monde”, savez-vous combien de centaines d’années, com­bien de millénaires, combien de centaines de milliers d’années il a fallu à la planète Terre pour donner naissance à (…) l’Amazonie ? Je crains que vous ne soyez, hélas ! igno­rants ou méprisants de ces vérités. Peut-on encore penser le devenir de la planète à la mesure de la rentabilité du soja transgénique qui va remplacer les arbres millénaires et mythiques ? (…) Avant qu’il ne soit trop tard, vous pouvez encore prendre le temps d’écouter l’artiste. »’ On imagine les réactions : seule une certaine écologie a droit de cité à Davos et dans les structures dont il vient d’être question.

La collusion entre cet écologisme-là et les principaux responsables de la dégradation des systèmes écologiques de la biosphère a cependant de quoi surprendre a priori. Pour­tant, lorsqu’on se penche plus précisément sur les analyses de certaines organisations, on comprend mieux. Prenons l’exemple de la notion d’« empreinte écologique » promue avec acharnement par le WWF : il s’agit de mesurer « la pression qu’exerce l’homme sur la nature »’ en estimant la surface productive nécessaire à chacun pour répondre à l’ensemble de ses besoins, dans son mode de vie actuel. Or 1’« Homme », avec un H majuscule, est une idée générale et abstraite, un concept. On rencontre des hommes et des femmes concrets, jamais l’Homme ou la Femme. Mais sous le concept d’« Homme », par exemple, on fait entrer le président d’Union Carbide et ses 12 000 morts de Bho- pal, et le pêcheur d’Asie du Sud… Ainsi, les responsabilités concrètes sont-elles dissoutes dans une abstraction, et le tour est joué : dans les pays dits « avancés », nous serions tous pareillement coupables, ou à peu près. Car la pensée écologiste a pour caractéristique de culpabiliser les indivi­dus, pas de combattre des systèmes : nous serions donc tous coupables, au même titre, de la destruction de la « Nature ». Cette pensée relâchée ne désigne pas les vérita­bles responsables – eux-mêmes dissimulés derrière le para­vent des conseils d’administration des compagnies trans­nationales ou retranchés derrière l’alibi des nécessités économiques. On voit par là que l’affirmation de la culpa­bilité de chacun masque et protège les véritables responsa­bles ; ceux qui, par exemple, trouvent intérêt à ce que leurs pétroliers déversent bon an mal an 10 millions de tonnes d’hydrocarbures dans l’océan mondial, parce que les déga­zages ou les doubles-coques coûtent trop cher… D’ailleurs, l’instrument d’analyse élaboré par le WWFet censé per­mettre d’évaluer notre empreinte écologique prend en compte l’usage éventuel d’un véhicule 4×4, pas le déga­zage d’un pétrolier ou les conséquences écologiques du bombardement d’un champ pétrolifère en Irak…

Il reste que la pensée écologiste aura au moins eu le mérite d’attirer l’attention du public, il y a plus de trente ans, sur ce qui menace la planète en matière environne­mentale, ainsi que sur la nécessité de changer ce qui est écologiquement irrationnel dans nos habitudes indivi­duelles. Mais la dévalorisation de l’humanité par rapport à une « nature » fantasmatique enferme les écologistes dans des combats conservationnistes stériles par rapport aux urgences réelles : protéger des reliques en les enfermant, si nécessaire, dans des parcs « naturels » et pour ce qui concerne l’intensification de l’effet de serre et le développe­ment durable, changer nos habitudes individuelles !

Rien d’étonnant donc que ces discours soient de peu d’effet et que, dans la biosphère tout entière, les sirènes d’alertes écologiques n’en finissent pas de hurler.

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