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Le temps de la création : La peinture

Vous êtes ici : » » Le temps de la création : La peinture ; écrit le: 15 juillet 2013 par imen modifié le 11 novembre 2014

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La peinture

Les différents types de création n’ont donc pas les mêmes rapports avec le temps. La peinture, par exemple, participe davantage de l’espace, elle semble statique, comme la sculp­ture. Mais, d’un autre côté, peinture et sculpture arrêtent le temps et le mouvement et leur donnent un sens nouveau, les éternisent en quelque sorte. « L’art égyptien, dit André Malraux, parlant essentiellement de la sculpture, ne tente pas de fixer ce qui fut, comme les bustes romains : il fait accéder le mort à l’éternel comme l’art byzantin fait accéder l’empereur vivant au sacré. Il créé les formes qui accordent celles de la terre à l’insaisissable du monde souterrain […] il fonde l’apparence sur la vérité. »
Il faut se souvenir de la surprenante beauté des peintures et sculptures préhistoriques, dont les plus anciennes datent d’envi­ron – 40 000 ans, et dont la signification reste obscure, bien qu’elle soit liée au développement dans l’esprit humain de ces fonctions essentielles que sont le symbolisme et l’imaginaire. Nous donnons le nom d’art à ces œuvres, mais elles avaient très probablement une toute autre signification, liée soit à une forme primitive de langage, soit à des rites associés à des mythes, à la recherche d’un lien avec le monde animal, voire celui de l’au- delà. Chez nombre de populations, aujourd’hui encore, de telles sculptures ou peintures sont créées avec d’autres préoccupa­tions qu’artistique ou pérenne. Chez des populations eskimos, par exemple, ce qui compte, c’est l’acte de création, la sculpture étant ensuite souvent abandonnée. Les aborigènes australiens tracent sur du sable ou des écorces fragiles des figures compli­quées, chargées d’une lourde signification, mais appelées à dis­paraître rapidement. Bien des peintres n’ont travaillé que dans une exaltation mentale qui les transportait hors du temps. Gauguin écrit, dans une lettre véhémente à André Fontainas, que cite le psychiatre Daniel Widlôcher : « Ici, près de ma case, en plein silence, je rêve à des harmonies violentes dans les par­fums naturels qui me grisent. Délice relevé de je ne sais quelle horreur sacrée que je devine vers l’immémorial. »

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